Suites de la pétition pour l'Algérie en 2008
Eglise algérienne : Un début de reconnaissance ?

En 2008, Portes Ouvertes avait lancé une pétition pour défendre les chrétiens Algériens. Suite à l'intérêt des médias internationaux, la pression sur les chrétiens s’était calmée. Jusqu’à présent, le gouvernement a rejeté l’idée d’une Eglise algérienne et les tensions persistent, mais la situation semble avoir évolué ces dernières semaines.
Début février, des représentants de l’Eglise protestante algérienne ont été invités par le gouvernement à un colloque sur la religion et l’identité nationale algérienne. Pour la première fois, les responsables de l’EPA se sentent reconnus officiellement. Cette invitation est une vraie surprise d’autant que fin décembre 2009, les chrétiens d’une église de Tizi Ouzou n’ont pas eu le droit d’entrer dans leur église pour y célébrer Noël car une cinquantaine de villageois bloquaient bloquait l’entrée. Début janvier, la même église a été pillée et incendiée. Les chrétiens algériens avaient fait part de leur soupçons sur la possible implication du gouvernement dans cette affaire.
Selon un communiqué de la Fédération protestante de France, plus de 200 personnes s’étaient rassemblées à Alger pour le colloque organisé sur le thème : « L’exercice du culte, un droit garanti par la religion et la loi », les 10 et 11 février derniers. Le ministre des affaires religieuses, le Dr Ghlamallah et différents représentants religieux, politiques et universitaires étaient présents, ainsi que le pasteur Mustapha Krim qui représentait l’Eglise Protestante Algérienne. Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France avait également été invité à participer comme intervenant.
Depuis 2006 et la loi sur les cultes non musulmans, les protestants évangéliques, tous algériens, sont très prudents. Cette loi vise notamment à empêcher les conversions des musulmans vers le christianisme et prévoit des peines de prison et des amendes pour quiconque « incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion » ou « fabrique, entrepose ou distribue des documents imprimés ou métrages audio-visuels ou tout autre support ou moyen, qui visent à ébranler la foi musulmane ». Cette loi avait provoqué une vague de protestation internationale.

