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Quand lire sa Bible est un crime

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L’Erythrée est un pays situé dans la Corne de l’Afrique juste au dessus de l’Ethiopie. C’est dans ce pays que se déroule une des pires persécutions que connaissent les chrétiens aujourd’hui. Plus de 2 000 d’entre eux sont enfermés dans des camps militaires, des prisons, des conteneurs métalliques, des cellules souterraines… Ils sont là car ils ont commis ce qui dans ce pays passe pour un crime : ils ont ouvert leur Bible ou bien ils ont été surpris en train de prier en dehors des bâtiments religieux officiels. Ces derniers mois, la répression a empiré. Le simple fait d’être chrétien évangélique entraîne l’arrestation.
Le 5 septembre 2007 dans le Centre de formation militaire de Wi’a, une jeune femme, Nigsti Haile (33 ans) est morte suite à la torture pour avoir refusé de signer une lettre de renonciation à sa foi.

Novembre 2006, la chanteuse de gospel Helen Berhane est sur le point de mourir. Elle est libérée après avoir été enfermée pendant plus de deux ans dans un conteneur métallique. Après avoir été soignée dans un hôpital d’Asmara, elle décide de s’enfuir et a trouvé dernièrement refuge au Danemark. A cause des tortures subies, elle est aujourd’hui incapable de marcher seule.

En octobre 2006, deux chrétiens, Immanuel Andergesh et Kibrom Firemiche sont torturés à mort pour avoir organisé un culte dans une maison privée.

En mai 2006, 15 chrétiens s’échappent du camp militaire d’ASABE après avoir passé deux ans dans un conteneur… cinq d’entre eux meurent d’épuisement. Les autres disparaissent dans le désert…

Un pasteur a été arrêté pendant qu’il visitait une famille. Un autre a été interpellé dans sa maison à 5 heures du matin. Des groupes entiers ont été embarqués dont des enfants, des malades et des personnes âgées.
Les chrétiens ne sont pas autorisés à travailler dans les bureaux du gouvernement, à avoir une entreprise, ils n’ont pas le droit de se réunir pour un anniversaire ou un enterrement. Ces chrétiens se marient en secret, souvent la nuit. Des jeunes mariés ont été arrêtés pendant leur lune de miel.

La plupart des responsables d’églises sont en prison, en fuite ou en exil. Beaucoup se sont réfugiés en Ethiopie, Soudan, Lybie, Kenya.
Cependant, ils ne sont pas abandonnés de Dieu. Dans un de ces camps de réfugiés, il y a 5 églises de 350 membres qui grandissent rapidement.
Un témoignage miraculeux nous est parvenu : pendant qu’il était sous la torture, un chrétien a témoigné à son tortionnaire et celui-ci est devenu chrétien ! D’autres se convertissent au christianisme en prison.
Beaucoup savent aussi que de nombreux chrétiens prient pour eux dans le monde entier et cela les réconforte énormément.

La persécution a commencé en 2002

En mai 2002, Issayas Afewerki, le président de l'Erythrée décide la mise hors la loi des 12 dénominations protestantes indépendantes du pays, avec la complicité de certains membres de l’Eglise orthodoxe. Il interdit aussi tout rassemblement de ces chrétiens. Depuis lors, toute personne surprise en réunion de louange, de prière ou aperçue en train de lire la Bible est emprisonnée. Malgré les demandes de régularisation, le gouvernement persiste à refuser tout statut légal nécessaire aux églises évangéliques qui rassemblaient quelque 20 000 fidèles.

Environ 50% de la population érythréenne est de culture chrétienne. Les églises reconnues sont celles qui ont une longue histoire dans le pays. Il s'agit de l'Eglise orthodoxe, l'Eglise catholique et l'Eglise luthérienne. Avec l'islam, ce sont les seules religions autorisées. Jusqu'à présent, seules les églises nouvelles avaient eu à souffrir de la persécution, mais des églises reconnues ont également été visées.
C'est le cas de la seule église anglicane dont le prêtre, d'origine indienne a été sommé de quitter le pays en octobre 2005. Un autre a pris sa place, nommé par le gouvernement. En octobre 2005, le régime a destitué le patriarche orthodoxe Abune Antonios parce qu'il critiquait l'intervention de l'Etat dans les affaires religieuses. Il vit aujourd’hui en résidence surveillée. Plusieurs prêtres orthodoxes sont actuellement en prison pour le même motif, de même qu'environ 70 musulmans.

Pourtant, la liberté de religion est inscrite dans la Constitution (art 19.4 : Tout citoyen a la liberté de pratiquer n'importe quelle religion et d'en exercer la pratique). Le gouvernement nie toute persécution religieuse en affirmant dans un communiqué du 1er mai 2003 "qu'aucun individu n'est persécuté à cause de ses croyances ou de sa religion en Erythrée" et que "chacun est libre de pratiquer et d'adorer ou de s'en abstenir selon sa propre volonté." Pour exister, les organisations religieuses doivent se soumettre entièrement au contrôle de l'Etat.

La société érythréenne est profondément marquée par la guerre d'indépendance contre l'Ethiopie obtenue en 1993. Après avoir suscité un grand enthousiasme auprès des observateurs internationaux lors de sa création, l'Erythrée s'achemine aujourd’hui vers une dictature totale. Le pays est toujours dirigé par un parti unique, 13 ans après son indépendance. Le seul parti autorisé est celui du président Assais Aferweki. Aucune critique n'est tolérée par le pouvoir en place. Des élections ont été promises, mais toujours repoussées. L'Erythrée est enfin le seul pays africain à ne pas avoir de presse privée depuis 2001, date à laquelle elle a été interdite.

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