Lundi dernier, en Syrie, Hovsep Petoyan et son père Abraham Petoyan, tous deux prêtres*, étaient en route pour se rendre dans une église de la province de Deir-Ezzor quand des assaillants ont tiré sur leur voiture. Ils ont tous les deux été tués et le diacre qui les accompagnait, Fadi Sano, a été blessé. Le double meurtre a été revendiqué par le groupe État Islamique.

Hovsep Petoyan faisait partie de l'Église catholique arménienne de la ville de Qamichli, dans le Nord-Est de la Syrie. 

Le même jour, dans cette même ville de Qamichli où vivent des milliers de chrétiens, trois véhicules piégés ont explosé. Les attentats ont eu lieu à proximité d'une école, d'un marché et d'un café, laissant les habitants dans la crainte de nouvelles attaques. 

Être chrétien, c'est être en danger

La situation est dangereuse pour les chrétiens dans cette ville et dans d'autres villes du Nord de la Syrie depuis les offensives menées par l'armée turque. Ishak Bassam, président du Conseil National des Syriaques en Syrie, raconte comment les chrétiens arméniens et syriaques sont constamment confrontés aux intimidations et autres violations de leurs droits. À Ras-Al-Ayn, les forces proturques empêchent les chrétiens de se rendre sur leurs terres et d'y récolter le coton, qui est leur principale source de revenu. Les chrétiens vivent dans la peur, sont privés de ressources et ils finissent par se demander s'ils doivent rester dans une région tombée aux mains des islamistes. 

Vers une nouvelle Constitution? 

Mais la situation peut encore changer. Actuellement, 45 représentants du gouvernement, de l'opposition et de la société civile sont réunis à Genève pour rédiger une nouvelle constitution pour le pays. Geir Pedersen, l'émissaire de l'ONU qui préside à ces pourparlers espère qu'ils déboucheront sur des réformes, des élections voire des accords de paix. «Après 8 ans de guerre, de profondes divergences et beaucoup de défiance, c'était impressionnant de voir les représentants des différentes parties se traiter avec respect et se parler.»

*Les prêtres peuvent se marier au sein de l'Église catholique arménienne.