Ouzbékistan : les sept plus longues minutes de ma vie

Kidnappé, battu et malade : le pasteur Azamat a déjà réfléchi à tout arrêter mais il continue de persévérer.

Radio17-sem35-Ouzbekistan_460Azamat est pasteur en Ouzbékistan. Il est d’origine musulmane et s’est converti au christianisme dans les années 90 après avoir été miraculeusement guéri.

« Arrête ce ministère ! »

Azamat est devenu pasteur d’une petite assemblée. Au début, son activité était légale puis les choses ont changé. Il a été convoqué par les forces de l’ordre et son église a été fermée. Ce pasteur a malgré tout continué à organiser des rassemblements religieux de façon clandestine.

Un jour, il a été kidnappé et battu. Il explique : «  Je n’avais aucune idée de ce qui allait arriver. La peur me paralysait mais j’essayais de garder mon calme. Ils me criaient dessus : « Nous savons tout, tu ne comprends pas ! Tu dois arrêter avec ce ministère ! Pense à ta femme et à tes enfants ! Quelque chose de pire pourrait arriver ! » Je ne pouvais pas leur parler. Cela me faisait vraiment mal. Je ressentais de la peur et de la haine aussi. J’aurai aimé que le feu de Dieu vienne les consumer. Cela a duré sept minutes mais c’était les plus longues minutes de ma vie.»

Proche de l’abandon

Azamat a malgré tout continué à enseigner l’Évangile, notamment auprès des enfants et des adolescents. Ce qui est particulièrement interdit. Aujourd’hui lui et sa femme sont affectés dans leur santé. Lors d’un énième interrogatoire il réfléchissait à arrêter son ministère puis il a finalement persévéré. Il se souvient avec émotion d’une invitation au restaurant par des membres de son église : « C’était la première fois en 10 ans que quelqu’un faisait quelque chose pour moi, juste pour m’encourager. »

Azamat a souhaité remercier celles et ceux qui prient pour leur situation : « Dites à ceux qui prient pour nous que nous ressentons leur prière. Parfois quand je suis dans une situation difficile, je pense que c’est fini mais soudainement je sens que quelqu’un prend soin de moi. Je sais qu’à ce moment-là, quelqu’un est en train de prier pour moi. »