Croire au risque du blasphème

Dans notre société « tolérante », affirmer que Jésus est le seul chemin peut paraître choquant pour certains. Dans les pays où les chrétiens sont persécutés, c’est prendre le risque d’être accusé de blasphème.

Indonesie-manifestation-gouverneur-Jakarta-460Huit jours après la résurrection, Thomas se retrouve avec les disciples en présence de Jésus. Lui qui doutait des paroles de ses amis croit maintenant que Jésus est ressuscité. Il fait cette déclaration stupéfiante : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » En disant cela, Thomas commet un blasphème. En effet, à l’époque où Jean écrit son Évangile, l’empire romain est gouverné par l’empereur Domitien. Ce dernier s’était érigé lui-même comme dieu vivant et les chrétiens étaient persécutés pour acte de blasphème. Pourtant Jean n’a pas peur d’affirmer que Jésus est LE Seigneur et le vrai Dieu.

Le blasphème : un prétexte pour faire taire

Proclamer que Jésus est Seigneur et Dieu nous met en conflit avec le monde, et surtout avec le monde religieux. C’est le cas du monde musulman, dans des pays comme le Pakistan ou le Soudan. Le cas d’Asia Bibi au Pakistan montre que depuis des décennies des chrétiens sont accusés, emprisonnés et condamnés, ignorés des médias. Ceux qui ont été libérés ont dû fuir leur pays pour rester en vie. Il y a quelques mois seulement, en Indonésie, le gouverneur chrétien de Jakarta « Ahok » a été condamné pour blasphème après avoir cité le Coran, lui un chrétien, pendant un discours en public. Il a perdu les élections.

Les États ne sont pas les seuls à utiliser cette arme. Des groupes extrémistes comme Boko Haram et l’organisation État islamique se servent du blasphème comme prétexte pour persécuter les chrétiens. En Corée du Nord, les dirigeants ont « pris les habits de Domitien », voulant aussi être adorés comme des dieux vivants. Ceux qui ne s’inclinent pas devant leurs statues commettent un blasphème contre le régime.

Profitons de notre liberté

Jésus met la barre haute : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. » Prions pour nos frères et sœurs persécutés qui doivent confesser leur foi sous des régimes hostiles. Ayons nous-même le courage de confesser notre foi sans crainte chez nous.

Légende photo : Manifestation en Indonésie contre le gouverneur chrétien de Jakarta. Sur l’affiche, « Kafir » signifie « infidèle ».

Michel Varton

Directeur de Portes Ouvertes France