Kirghizistan

Le Kirghizistan est un cas unique comparé aux autres pays d'Asie centrale où l'État est la principale source de persécution.

Khirghizistan

Contexte

Le Kirghizistan a été très souvent évoqué en 2010 lorsque des affrontements ethniques ont éclaté entre la majorité kirghize et la minorité ouzbèke (14 % de la population). Les violences ont provoqué la mort de plus de 450 personnes. Ces terribles événements ont eu pour conséquences les élections législatives et présidentielles, tenues en octobre 2011. Le pays est alors devenu le premier d'Asie centrale à avoir un chef de l'État élu démocratiquement.

Le pays ressemble à ses voisins par la procédure selon laquelle les groupes religieux peuvent se déclarer officiellement. Chaque assemblée doit comprendre 200 membres, un seuil presque impossible à atteindre pour les communautés minoritaires, surtout dans les villages. De nombreux groupes de croyants se réunissent donc sans permission. Ils risquent d’être découverts par la police et d'être soumis à des amendes.

Sources de persécution

La persécution des chrétiens provient plus de la famille, des amis et de la communauté que de l'État ou d'une paranoïa dictatoriale. En cela, le Kirghizistan est un cas unique comparé aux autres pays d'Asie centrale où l'État est la principale source de persécution. Dans les régions rurales, les chrétiens d'origine musulmane subissent de fortes menaces pour les forcer à renier leur foi. Parfois, ils sont physiquement agressés ou leurs biens sont détruits. Il nous a été rapporté que des chrétiens n'ont pas eu le droit d'ensevelir un de leurs proches dans le cimetière local et ont dû se rendre dans une ville plus importante.

Quand il existe une oppression, elle est principalement exercée par les autorités locales et la population. Dans les régions rurales, le clergé islamique a beaucoup d'influence et fait parfois pression sur la minorité chrétienne.

La production, l'importation, l'exportation et la distribution de littérature par des organisations religieuses sont autorisées, mais la liste des livres doit être validée par un groupe d'experts reconnus par l’Etat.. Cette littérature ne peut être utilisée que dans des lieux de culte et certaines librairies et il est difficile d'obtenir cette autorisation. Il est interdit de proposer des livres à caractère religieux dans les lieux publics, les établissements scolaires ou universitaires…

Perspectives

Il n'y a pas eu de changement important pour la minorité chrétienne au Kirghizistan au cours des dernières années. Étant donné que la pression émane plus des autorités locales et du clergé que du gouvernement, les changements politiques au niveau de l'État n'ont pas vraiment affecté les chrétiens, du moins en ce qui concerne la persécution.

Selon un rapport datant de l'été 2012, le gouvernement pense cependant introduire de nouvelles règles de censure envers la littérature religieuse. Même si ces amendements ont pour but de restreindre l’activité de la minorité islamique ou des groupes extrémistes, il est fort probable que les chrétiens seront également affectés.

Dans le sud ouest du pays, l’émergence d’un courant islamique conservateur correspond à une augmentation des agressions contre des chrétiens et des églises. Combien de temps l'Église pourra-t-elle encore fonctionner comme au cours des dernières années ?

Informations concernant l’Eglise

  • Durant l'époque soviétique, il y a toujours eu une Eglise au Kirghizistan, composée surtout de Russes qui ont continué à se réunir malgré les nombreuses restrictions. L'indépendance a apporté la liberté d'expression et la liberté religieuse.
  • Le pays compte un peu moins de 300 000 chrétiens, à majorité russe orthodoxe. Nombre de communautés comptent maintenant environ 40 % de Kirghizes parmi leurs membres.
  • L'Église kirghize est jeune et jouit d'une liberté de réunion, de contact et d'implication dans la société plus importante que dans les autres pays d'Asie centrale. Toutefois, le harcèlement et la violence contre les chrétiens augmentent dans certaines régions.