Myanmar (Birmanie)

Les minorités chrétiennes (tribus chin, kachin et karen) souffrent d’oppression et de discrimination.

Contexte

myanmarMalgré la libération d’Aung San Suu Kyi en novembre 2010, celles de centaines de prisonniers politiques, des accords de cessez-le-feu conclus avec différentes minorités ethniques et l’annonce de réformes démocratiques, le gouvernement garde des tendances totalitaires. Le bouddhisme est privilégié par rapport aux autres croyances, qui sont réprimées.

Un projet de loi sur la protection de la religion et de la race vise à restreindre les mariages entre deux personnes de confessions différentes et limiter les conversions. Ce projet de loi a été proposé au printemps 2014 par les bouddhistes radicaux de “969” forts du soutien sous forme de signature de plus d’un million de citoyens.

Certaines minorités sont majoritairement chrétiennes comme les Chin, ou ont de fortes composantes chrétiennes comme les kachin et les Shan. Malgré plusieurs accords de cessez-le feu conclus avec différents groupes ethniques, notamment des groupes à majorité chrétienne, les groupes les plus importants continuent de lutter contre l’armée.

En général, les chrétiens sont traités comme des citoyens de seconde zone. Leurs enfants sont souvent obligés de participer aux rituels bouddhistes qui ont lieu à l’école tous les matins avant le début de la classe. Les chrétiens sont discriminés quand ils ont affaire au gouvernement ou à la justice. La discrimination et le harcèlement qu’ils subissent sont pires à la campagne qu’en ville.

Sources de persécution

Au Myanmar, plusieurs mécanismes de persécution sont à l’œuvre avec, en premier lieu, le nationalisme religieux, suivi du totalitarisme du pouvoir, et dans une moindre mesure de la corruption et de l’extrémisme islamique.

Les chrétiens subissent de fortes pressions d’une part, de la société et notamment du mouvement des moines bouddhistes radicaux “969”, et d’autre part du gouvernement, qui soutient tacitement ce genre de mouvements.

Les viols et les mariages forcés d’enfants sont utilisés comme moyens de pression dans cette situation conflictuelle. Afin de “protéger la nation” et son héritage religieux, les mouvements religieux nationalistes prolifèrent au Myanmar, des mouvements plutôt encouragés que dénoncés par les hommes politiques, une tendance qui ne devrait pas s’infléchir.

Informations sur la minorité chrétienne

  • La première trace de christianisme au Myanmar date du 18e siècle. En 1966, la Birmanie a procédé à l’expulsion de tous les missionnaires étrangers.
  •  Les chrétiens représentant moins de 10% de la population de Myanmar. La plupart appartiennent aux minorités ethniques. Ils sont concentrés dans les zones où s’étaient installés les missionnaires par le passé (par exemple dans la province Chin).
  • La majorité des chrétiens birmans (4/5ème) sont de dénomination protestante.
  • Les églises sont surveillées et n’ont pas le droit d’imprimer ni d’importer de littérature chrétienne. Les chrétiens n’ont le droit ni de louer, ni d’acheter des bâtiments pour y célébrer leur culte.
  • Les chrétiens sont pour la plupart extrêmement pauvres et illettrés.