Malaisie

L'extrémisme islamique représente la principale source de persécution dans le pays.

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Officiellement, la Constitution prévoit la liberté de religion. Cependant, la situation réelle est différente. Par exemple, les personnes désirant changer leur affiliation religieuse sur leur carte d'identité doivent, depuis quelques années,  passer devant un tribunal islamique.

Les observateurs parlent d’une islamisation rapide du pays. Le gouvernement joue de plus en plus la carte de l’appartenance ethnique en insistant sur le fait qu’être Malais, c’est être musulman. Les citoyens ayant d'autres origines ethniques comme les Chinois ou les Indiens peuvent être bouddhistes, hindous, chrétiens ou autres, mais un Malais doit être musulman.

A d’innombrables reprises, le premier Ministre Najib Razak a publiquement affirmé que la religion, en l'occurrence l’islam, l’emporterait toujours sur la politique et il a rappelé que la population devait défendre l’islam, que le pluralisme, et le libéralisme, entre autres, sont ennemis de l’islam et que les Droits de l’Homme ne doivent s’exercer que « dans les limites de ce qui est permis par l’islam ».

En novembre 2014 les autorités ont décidé de mettre sur un pied d’égalité les tribunaux de la charia et les tribunaux civils.

En mars 2012, un membre du Parlement a poussé le gouvernement fédéral à établir une loi contre l'apostasie (fait de changer de religion) en réponse à une présumée augmentation de l'apostasie parmi les musulmans. 21 organisations non gouvernementales musulmanes ont insisté pour que le gouvernement introduise cette loi.

Par ailleurs, la Malaisie est activement engagée dans l'islamisation de l'État du Sarawak en apportant des fonds et en soutenant la politique de la « Da'wah » (Stratégie de Mission Islamique). Ce programme est appelé « Unit Saudara Kita » (USK) ce qui signifie « Unité de Notre Frère ».

Sources de persécution

En Malaisie, les chrétiens souffrent à la fois de l’extrémisme islamique et du totalitarisme du régime.

Même s'il existe une certaine liberté religieuse appréciée des croyants, les chrétiens ont le sentiment qu'ils doivent être très prudents, car leurs réunions sont surveillées et les livres publiés sont contrôlés par les autorités.

Ce sont les chrétiens d’origine musulmane qui sont les plus touchés. Ils risquent de perdre leur conjoint, de se voir retirer le droit de visite à leurs enfants, le droit d’hériter de leurs parents. De plus, leur famille fera tout ce qui est en son pouvoir pour les pousser à renier leur foi. Pour ce faire, tous les moyens sont bons : mise en isolement, pressions de toutes sortes pour souvent finir par un placement en centre de rééducation.

Les églises sont surveillées et il est difficile d’obtenir un permis officiel pour ouvrir de nouveaux lieux de culte. De nombreuses communautés sont contraintes d’effectuer leurs célébrations dans des bâtiments commerciaux ou des bureaux, qui ne sont donc pas considérés comme des bâtiments religieux, ce qui place les paroissiens dans l’illégalité.

Il est presque impossible pour un musulman malais de se convertir au christianisme. Toute conversion doit être confirmée par un tribunal de la charia et le postulant doit d’abord passer trois mois en centre de rééducation afin de réfléchir sur son choix. Dans cinq États, au Perak, au Malacca, au Sabah, au Terengganu et au Pahang, la conversion est un crime passible d'une amende ou d'une peine de prison. Au Pahang, les chrétiens condamnés peuvent recevoir jusqu'à six coups de bâton.

Informations sur la minorité chrétienne

  • Les chrétiens représentent 9 % de la population.
  • Des missionnaires sont arrivés en Malaisie dès le 16e siècle. Plus tard, des églises ont été établies, principalement pour les Britanniques. Non autorisés à travailler parmi les musulmans, les missionnaires se sont tournés vers les tribus animistes.
  • Dans les années 1970, un changement de la politique migratoire a provoqué le départ de la majorité des missionnaires, mais l’Eglise est toujours là.