Pakistan : un étrange visiteur

Rescapée du terrible attentat de l’Église de Tous les Saints à Peshawar, Sajjida se remet lentement. Par trois fois, elle a reçu une visite aussi bouleversante qu’inattendue.

141016CDF300x200Dans l’obscurité, Sajjida essaie de réveiller son mari qui dort par terre à côté de son lit « Jarrar ! Jarrar ! » Il doit être 4 heures. Elle se demande pourquoi le réveil n’a pas encore sonné, mais la douleur l’empêche de bouger pour vérifier l’heure, encore moins pour se mettre en boule et se réchauffer. Des larmes coulent sur ses joues. Sa mère, qui relaie son mari pour la soigner, est absente. Soudain, la porte s’ouvre, quelqu’un entre et une chaleur inexplicable envahit la pièce. Sajjida fixe l’obscurité avec un mélange de peur, d’excitation et de curiosité, incapable de prononcer un mot.


« Une grande paix »

 « L’étrange visiteur avait le visage voilé. Alors qu’il touchait mes blessures, j’éprouvais une grande paix. Je pouvais sentir la guérison sur mon corps. Pour la première fois depuis l’attentat, je me suis sentie propre et enveloppée d’une douce chaleur. Le sommeil m’envahissait bien que je n’arrivais plus à dormir. Pendant qu’il quittait la pièce en silence, un « Yesu Ji » (Cher Jésus) s’est échappé de mes lèvres », se souvient Sajjida.

« À mon réveil, j’ai regardé Sajjida. Ses pansements venaient d’être changés ! Je ne comprenais rien : seuls sa mère et moi savons comment procéder », confirme Jarrar.

Chaque fois, le visiteur posait ses mains sur Sajjida et elle s’endormait paisiblement. Elle se sentait profondément reposée après son départ.

Deux ans de souffrance

L’attentat du 22 septembre 2013 avait fait 85 morts et blessé grièvement 140 personnes lorsque deux kamikazes se sont fait exploser à la sortie de l’église. Sajjida a perdu son tout jeune fils et quatre membres de sa famille. Depuis, elle a dû subir plusieurs opérations, au prix de grandes souffrances physiques et psychiques.

Un programme à l’écoute

Régulièrement, des responsables chrétiens rencontrent Sajjida et son mari dans le cadre du programme ALIVE (soutien aux chrétiens sévèrement persécutés). À l’écoute du couple, ils leur apportent l’amour de Dieu et un soutien post traumatique.

« Nos amis du programme ALIVE sont toujours les bienvenus chez nous. Ils prennent soin de nous, pleurent et rient avec nous, respectent nos sentiments et nous accompagnent dans les hauts et les bas de notre cheminement. »