Tunisie

Si les expatriés chrétiens bénéficient d’une relative liberté, les chrétiens d’origine musulmane, eux, sont persécutés par leur famille.

Contexte

tunisieC’est le suicide d’un vendeur de légumes tunisien en  2011 qui avait marqué le début du mouvement «Printemps arabe»  en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Trois ans après la chute du président Zine El Abidine Ben Ali, les minorités religieuses et les militants de la laïcité ont été soulagés que la charia n’ait pas sa place dans la nouvelle constitution tunisienne, adoptée en janvier 2014, même si l’article 1 précise que l’islam est la « religion de l’Etat ».

Le paysage politique tunisien est très polarisé entre une élite libérale et laïque et des islamistes très bien organisés.
Sous Ben Ali, le pays était un Etat laïc dans lequel les timides manifestations de christianisme étaient tolérées. Aujourd’hui, les chrétiens y sont persécutés à la fois par le gouvernement constitué d’ «islamistes modérés» et par des groupes salafistes, très visibles, agressifs, qui agissent en toute impunité.

Source de persécution

Les chrétiens sont victimes en premier lieu de l’extrémisme islamique et, dans un second temps, de la corruption organisée qui sévit dans le pays. Les expatriés chrétiens bénéficient d’une certaine liberté, du moins, à l’intérieur de leurs lieux de culte, mais les chrétiens d’origine musulmane subissent des pressions dans tous les domaines.  Les églises d’expatriés chrétiens ne rencontrent quasiment jamais de difficultés alors que presque tous les chrétiens tunisiens ont déjà expérimenté la persécution.

Les chrétiens tunisiens sont surtout persécutés au niveau personnel et familial, mais le degré de persécution varie selon que l’on vit à la campagne ou dans la capitale, Tunis, ville où la situation des chrétiens est relativement meilleure. La persécution touche particulièrement les chrétiens dans leur vie privée, familiale, sociale et ecclésiale.

Information sur la minorité chrétienne

  • La petite Eglise locale est constituée de Tunisiens de souche, tous chrétiens d’origine musulmane.  Les responsables d’églises continuent de recevoir des menaces.
  • Pour le moment, la constitution tunisienne garantit la liberté de religion et le fait de quitter l’islam n’est pas interdit. Cependant, l’importation de littérature chrétienne en arabe est dissuadée.
  • Les églises ne peuvent s’enregistrer auprès des autorités. Depuis l’indépendance du pays en 1956 aucune nouvelle église n’a réussi à se faire enregistrer pour obtenir un statut officiel. Les chrétiens locaux sont interrogés et battus quand leur conversion est découverte.