Kazakhstan

La vie religieuse est restreinte à plusieurs niveaux et revêt de multiples aspects.

KazakhstanContexte

Le Kazakhstan est le plus grand des cinq pays d'Asie Centrale. Sa capitale est Astana - une ville à l’architecture très futuriste.

Depuis 2010, le régime du président Noursoultan Nazarbaïev a pris un caractère beaucoup plus dictatorial.  Des signes avant-coureurs indiquent qu’une période difficile se prépare pour les chrétiens et les autres minorités religieuses : des pasteurs sont empêchés de se rendre à des conférences, des cas de censure de la littérature religieuse ont été constatés et des groupes, chrétiens ou autres, sont invités à signaler quotidiennement les mesures qu’ils prennent contre l'extrémisme religieux.

En septembre 2011, deux lois ont été adoptées par le Parlement, restreignant gravement les droits des minorités religieuses. Ces lois sur « les activités et les associations religieuses » sont entrées en vigueur en octobre 2011. Un second décret récapitule les amendements apportés aux neuf lois religieuses déjà en vigueur. Aucun débat public n’a eu lieu concernant ces lois et le gouvernement a ignoré tous les avertissements venus de l'extérieur, y compris ceux de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), dont le Kazakhstan fait partie. Ces lois étaient déjà en cours d’élaboration avant que le Kazakhstan n’assure la présidence de l’OSCE, en 2010. Leur mise en place a été suspendue tant que le Kazakhstan était sous le feu des projecteurs internationaux.

Ces lois ont pour but premier de restreindre les activités des islamistes (qui ont commencé à mener des attaques), mais elles atteignent aussi des communautés chrétiennes. Toutes les communautés religieuses (même celles qui avaient auparavant un statut officiel) doivent se faire (ré) enregistrer auprès des autorités. Il s’agit d’un obstacle infranchissable pour plusieurs petites églises : D’un côté, le système, avec quatre niveaux d'inscription, est très compliqué ; le processus est bureaucratique et intimidant. D’un autre côté, l'activité religieuse non enregistrée est interdite.

Sources de persécution

Au Kazakhstan, les chrétiens souffrent du totalitarisme du pouvoir et de l’extrémisme islamique. Ils sont aussi touchés par la corruption organisée qui règne dans le pays.
Tous les chrétiens sont victimes de persécution mais ce sont les chrétiens d’origine musulmane et les protestants d’églises non traditionnelles qui sont les plus touchés.

La société, les familles et les amis persécutent les chrétiens dans leur vie privée, familiale et sociale et l’Etat prend le relais au niveau ecclésial et civil.

Diriger, participer ou financer des groupes religieux non enregistrés est une infraction. Cela a un grand impact sur des dénominations qui refusent de s'inscrire (comme le Conseil des Eglises baptistes), et sur les communautés qui ne répondent pas à toutes les exigences de la nouvelle procédure d'inscription. Les amendements à la loi imposent des peines sévères à ceux qui sont impliqués de près ou de loin dans de tels groupes.

La vie religieuse est restreinte à plusieurs niveaux : tous les livres et autres médias religieux sont soumis à la censure ; et la création de nouveaux lieux de culte requièrent l'approbation des autorités locales et nationales. Les fondateurs de communautés religieuses doivent être obligatoirement des citoyens kazakhs et les activités pour la jeunesse deviennent de plus en plus problématiques à organiser.

Informations sur la minorité chrétienne

  • Les chrétiens du Kazakhstan ont connu une grande vague de persécution au 14e siècle sous Tamar Lane qui voulait détruire les infidèles.
  • Au 20e siècle sous Staline (surtout pendant la Grande Purge des années 30), de nombreux chrétiens russes ont été envoyés en Asie Centrale et notamment au Kazakhstan dans des camps de concentration.
  • A  l'indépendance du pays en 1991,  le Kazakstan a connu une période de grande liberté religieuse. Une église indigène est née qui est estimée à aujourd’hui 15 000 personnes.
  • Toutes les dénominations chrétiennes sont aujourd’hui représentées. La plus grande communauté chrétienne du pays est l’Eglise orthodoxe russe (environ 9,8% de la population).