Tadjikistan

Si les chrétiens expatriés sont libres, les chrétiens djiboutiens doivent quant à eux rester discrets.

TadjikistanContexte

Le Tadjikistan est un des pays les plus enclavés au monde et le seul pays d’Asie Centrale à avoir une langue officielle perse, le tadjik. Culturellement, le Tadjikistan a plus d’affinité avec l’Iran et l’Afghanistan que les autres pays d’Asie Centrale car les autres parlent des langues turques. Le Tadjikistan est l’un des pays les plus pauvres de la région qui vit principalement de l’argent envoyé par les travailleurs expatriés. On estime que jusqu’à 20% de la population travaille en Russie et au Kazakhstan.

Depuis 2009, le régime a intensifié ses efforts pour contrer l'influence croissante de la religion dans le pays - en particulier l'islam. Le grand nombre de djihadistes tadjiks impliqués dans des groupes extrémistes islamiques dans le pays et à l'étranger ainsi que la proximité des combattants talibans de l’Afghanistan voisin, soulèvent la crainte d’un renversement de régime. Crainte qui a monté d’un cran quand, en janvier 2015, des extrémistes tadjiks ont demandé au chef du groupe Etat islamique l’autorisation de commencer le djihad au Tadjikistan.

La liberté de religion s’est considérablement détériorée quand une série de lois très restrictives a été adoptée et mise en œuvre en 2009 pour enrayer la montée de l’extrémisme islamique. Les répercussions sur les chrétiens sont grandes. Cette série de lois impose entre autre, des restrictions vis-à-vis des mosquées, et autorise l’Etat à interférer dans les réunions d’imams. Selon ces lois toutes les communautés religieuses doivent se faire enregistrer légalement sinon elles sont considérées comme illégales. Dans le même temps, leurs demandes officielles ne sont pas acceptées, ce qui les place d’office dans l’illégalité. La loi implique également d’autres restrictions, notamment sur la littérature ou l’éducation religieuse des enfants par exemple.

Sources de persécution

Les chrétiens souffrent principalement du totalitarisme du pouvoir et de l’extrémisme islamique ainsi que des rivalités ethniques et de la corruption organisée qui sévit dans le pays.

Tous les chrétiens sont touchés par la persécution au Tadjikistan mais les chrétiens d’origine musulmane et les protestants fréquentant des églises non-traditionnelles sont les plus touchés.

Tous les groupes religieux doivent être enregistrés, mais aucune église n’a pu le faire ces 10 dernières années, ce qui veut dire que 90% des églises évangéliques sont clandestines. Il y a parfois des descentes de police dans les églises et les chrétiens sont arrêtés.
Les croyants d’origine musulmane subissent des persécutions de la part de leur famille, on signale aussi que des femmes ont été obligées de se marier, ou qu’elles ont été battues ou violées à cause de leur foi.

Informations sur la minorité chrétienne

  • Les chrétiens du Tadjikistan ont connu une grande vague de persécution au 14e siècle sous Tamar Lane, qui voulait détruire les infidèles.
  • Au 20e siècle sous Staline (surtout pendant la Grande Purge des années 30), de nombreux chrétiens russes ont été envoyés en Asie Centrale et notamment au Tadjikistan.
  • A l’indépendance du pays en 1991,  le Tadjikistan a connu une période de grande liberté religieuse. Une église indigène est née qui est estimée à aujourd’hui 3000 personnes.
  • Le permis de construire une église ou d’organiser un rassemblement en extérieur est impossible à obtenir.
  • Même si la Constitution prévoit la liberté de religion, la législation et les décrets gouvernementaux la contredisent. Le Département aux Affaires religieuses (DAR) du Ministère de la Culture surveille les activités des églises, en particulier les assemblées de Tadjiks. Les communautés religieuses doivent se déclarer auprès du DAR.

 

 

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