Le samedi 11 juillet, Matta Roushdy se trouvait chez lui lorsqu’il a entendu les bruits d’une altercation. Alors qu’il s’apprêtait à sortir pour voir ce qui se passait, son fils David, âgé de 17 ans, lui a demandé de rester à l’intérieur et est descendu à sa place.

Mais la situation s’est rapidement aggravée. Inquiet pour son fils, Matta s’est précipité sur les lieux.

Frappé en tentant de ramener le calme

Sur place, Matta a tenté d’apaiser la situation et de mettre fin à la bagarre. Les deux protagonistes ont alors commencé à l’insulter avant de s’en prendre physiquement à lui devant les personnes présentes. L’un d’eux l’a agressé, l’a poussé à terre et lui a donné des coups de pied, ce qui a conduit son fils David à intervenir pour le défendre. Les deux hommes ont finalement pris la fuite.

Conduit à l’hôpital, Matta a reçu les soins nécessaires. Il a regagné son domicile trois jours plus tard.

Âgé de 49 ans, Matta est connu pour son humilité, son tempérament paisible et les relations chaleureuses qu’il entretient avec les habitants de Dahab. Très engagé auprès de sa paroisse, il rend régulièrement visite aux fidèles, supervise plusieurs activités et préside de nombreuses célébrations et réunions de prière.

Une liberté de culte fragile

Cette agression intervient dans un contexte difficile pour les chrétiens d’Égypte. Depuis plusieurs semaines, les médias sociaux font état de plusieurs responsables chrétiens agressés. 

Si la majorité des chrétiens égyptiens peuvent pratiquer leur foi dans des églises reconnues, leur liberté de culte reste fragile. La construction et la régularisation des lieux de culte rencontrent encore des obstacles, tandis que l’ouverture d’une nouvelle église peut provoquer de fortes tensions au sein des communautés locales. Les chrétiens organisent souvent leurs activités avec discrétion afin de ne pas susciter d’accusations de prosélytisme.

La situation est plus difficile encore pour les chrétiens d’arrière-plan musulman. Leur conversion ne pouvant être officiellement reconnue, beaucoup sont contraints de dissimuler leur foi et de se réunir discrètement. Les églises elles-mêmes peuvent hésiter à les accueillir ouvertement, par crainte de pressions ou de représailles.

Même si les motivations de ses agresseurs ne sont pas établies, l’agression de Matta rappelle la vulnérabilité dans laquelle vivent de nombreux responsables d’église en Égypte.

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