Deux chrétiens ont été acquittés après avoir été accusés de blasphème et emprisonnés de longs mois. Un troisième est malheureusement mort en détention.
Début juillet, deux chrétiens pakistanais ont été acquittés des accusations de blasphème qui pesaient contre eux. S’ils avaient été reconnus coupables, ils risquaient la peine de mort.
Le doute profite à l’accusé
Dans le premier cas, Dennis Albert a été remis en liberté par le tribunal de Lahore, la capitale du Pakistan. Arrêté en avril 2024, il était accusé d’avoir «offensé les sentiments religieux» et «profané le Coran» après avoir marché sur des pages du livre sacré en descendant de son pousse-pousse.
Tout en reconnaissant le caractère sacré du Coran, le juge a estimé que l’accusation ne disposait pas de preuves suffisantes pour établir sa culpabilité, évoquant notamment des témoignages peu fiables, l’absence de certains éléments de preuve et des preuves numériques non vérifiées.
S’appuyant sur la jurisprudence, et notamment le procès d’Asia Bibi, le juge a affirmé que «si une seule circonstance crée un doute raisonnable, alors l’accusé doit être acquitté, non pas comme une concession qui lui serait faite, mais comme un droit». Pour le juge, ce verdict ne remet pas en cause le caractère sacré du Coran, mais respecte l’exigence de «preuve légale» qui n’a pas été apportée.
Accusations fabriquées de toutes pièces
Quelques jours plus tôt, un autre chrétien, Nadeem Masih, aveugle et âgé de 51 ans, a également été acquitté. Il était accusé depuis août 2025 d’avoir insulté le prophète Mahomet à la suite d’un différend avec d’autres travailleurs dans un parc.
Nadeem Masih y gagnait sa vie en mettant à disposition une balance permettant aux passants de se peser contre une petite somme. Ses avocats, Maître Javed Sahotra, Maître Shawaiz Javed Sahotra et Maître Hafiz Zahid Islam, ont salué le verdict. Ils ont toujours soutenu que les accusations portées contre lui avaient été fabriquées et qu’elles étaient motivées par des griefs personnels.
Si le porte-parole de Portes Ouvertes sur place se réjouit aussi de ces deux acquittements, il n’en reste pas moins soucieux: «Nous demandons qu’après une plainte des investigations soient menées avec rigueur par des officiers expérimentés. Tous les éléments devraient être examinés minutieusement avant que le procureur décide de poursuites judiciaires. Nous apprécierions aussi beaucoup que les personnes qui accusent à tort d’autres personnes de blasphème soient tenues responsables devant la loi.»
Mort en prison
Malgré la joie de ces deux acquittements, nous déplorons le décès en prison d’un troisième chrétien également accusé à tort de blasphème.
Amir Peter faisait l’objet d’une plainte de la part de marchands depuis juillet 2025. Diabétique, il n’a pas reçu les soins médicaux nécessaires en détention. Il est décédé de complications médicales avant la tenue de son procès.
Deux infirmières chrétiennes accusées de blasphème viennent d’être acquittées, quatre ans et demi après leur arrestation.