En 2025, 93% des chrétiens tués pour leur foi dans le monde l’ont été en Afrique subsaharienne. À lui seul, le Nigéria concentre plus de 70% de ces décès, avec 3.490 victimes (1).

Le Nigéria et le Burkina Faso se trouvent au cœur d’une crise marquée par les meurtres, les enlèvements, les attaques contre les villages et les églises, ainsi que les déplacements forcés. Derrière ces violences, ce sont des familles entières et l’avenir des communautés chrétiennes qui vacillent.

Une persécution aux réalités contrastées

Les violences commises contre les chrétiens ne sont ni accidentelles ni le simple prolongement d’affrontements ethniques ou de conflits liés aux ressources. Si le contexte reste complexe, la dimension religieuse de ces attaques ne peut être écartée.

Au Burkina Faso, des communautés chrétiennes qui vivaient autrefois en paix aux côtés de leurs voisins sont aujourd’hui victimes de meurtres ciblés, après la diffusion progressive d’une idéologie radicale. Les chrétiens sont tués avec violence alors qu’ils se trouvent à l’église ou vaquent simplement à leurs occupations quotidiennes.

De telles attaques se produisent également régulièrement au Nigéria, même si la situation varie fortement selon les régions. Dans le sud du pays, où le christianisme est largement implanté, les églises se développent librement et mènent leurs activités sans subir les violences systématiques observées ailleurs dans le pays.

La situation est tout autre dans le nord et le centre. Les communautés chrétiennes y sont régulièrement prises pour cible par des groupes djihadistes, des bandits armes et des militants peuls radicalises. Meurtres, enlèvements, attaques contre des villages et des églises, déplacements forces et destruction des moyens de subsistance y sont fréquents.

Tuer les hommes pour affaiblir les familles et l’Église

Lors de ces attaques, les hommes et les garçons sont souvent visés en priorité. Leur mort ne prive pas seulement les familles d’un père, d’un mari ou d’un fils: elle les prive aussi de celui qui assurait généralement leur protection et leurs ressources. Ces meurtres emportent également des responsables d’église et de futurs responsables, fragilisant durablement l’ensemble de la communauté chrétienne.

Les femmes sont elles aussi profondément touchées par ces attaques, même lorsqu’elles ne sont pas directement visées. La mort de leur mari les laisse seules face à la charge de leurs enfants, au manque de ressources, au déplacement et aux traumatismes. 

Comme l’explique Michée, un pasteur burkinabé: «Les hommes ne sont pas les seules victimes. Les femmes le sont également, parce que les hommes qui leur donnaient de l’espoir et subvenaient à leurs besoins ont disparu.»

Elles doivent alors reconstruire leur vie et celle de leur famille, tout en continuant souvent à jouer un rôle essentiel au sein d’une communauté chrétienne elle-même fragilisée.

Aider ceux qui restent

La perte d’un mari, d’un père, d’un fils, d’un frère ou d’un autre proche peut plonger les survivants dans une souffrance émotionnelle intense, parfois sans prise en charge adaptée. Lorsqu’un traumatisme n’est pas soigné, il risque d’affecter durablement leur relation avec Dieu, leur vie de foi et leur capacite à poursuivre leur engagement au service de l’Église.

Les chrétiens victimes de violences ciblées en raison de leur foi ont donc besoin d’un soutien global. Grâce à vos dons et à vos prières, les partenaires locaux de Portes Ouvertes peuvent leur apporter une aide d’urgence, un accompagnement post-traumatique et des formations professionnelles afin de les aider à retrouver leur autonomie et à reconstruire leur vie.

Mais l’Église n’est ni vaincue ni impuissante. Malgré les vagues de violence, elle continue à vivre fidèlement l’Évangile et à accomplir le mandat missionnaire. Aux côtes du Corps de Christ dans le monde entier, nous pouvons porter les fardeaux des chrétiens persécutés (Galates 6:2), pleurer avec ceux qui pleurent (Romains 12:15) et faire du bien à ceux qui sont dans le besoin (Matthieu 25:40).

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(1) Chiffres tirés de l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026, sur une période d’étude allant du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2025.