Aux frontières du Nicaragua, des panneaux l’annoncent désormais: les bibles sont interdites d’entrée.
Dans plusieurs pays frontaliers du Nicaragua, des avis affichés dans les terminaux de transport alertent désormais les voyageurs étrangers: certains objets ne peuvent plus être introduits dans le pays. Parmi eux: les journaux, les magazines… et les bibles.
D’après les recherches menées par Portes Ouvertes, ces interdictions concernent pour l’instant uniquement les déplacements par voie terrestre, ce qui a été confirmé par des employés de différentes compagnies de bus. Le transport aérien n’est pas, ou pas encore, affecté.
Pour les observateurs internationaux et les organisations de défense de la liberté religieuse, ces restrictions ne sont pas anodines. Elles relèvent d’une stratégie progressive de pression sur l’Église au Nicaragua et de durcissement généralisé du contrôle de l’État.
Entre 2018 et 2025, plus de 260 responsables chrétiens ont été expulsés du pays. L’Église au Nicaragua subit ainsi une double pression: sur ses responsables, mais aussi sur ses ressources matérielles.
En limitant maintenant l’accès à la littérature biblique, le régime entrave directement le ministère pastoral, la formation des croyants et la vie spirituelle des communautés, en particulier celles qui dépendent de soutiens extérieurs.
«Ce type de restrictions avance par étapes, et beaucoup n’ont pas encore pris la mesure de la crise qui se profile. L’Église peut espérer que cela passera, mais je ne crois pas que nous soyons prêts si la situation empire», confie Jhonatan (pseudonyme), responsable chrétien dans le pays.