Le 28 février 2026, un conflit d’ampleur entre les États-Unis, Israël et l’Iran a éclaté. L’ayatollah Ali Khamenei a été tué. L’avenir est incertain et pour le pays, et pour les chrétiens.
Depuis le lancement de l’offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, des bombardements ont visé les grandes villes du pays et le conflit s’est généralisé à la région du Moyen-Orient. La mort de l’ayatollah Ali Khamenei, tué dans un bombardement, a été confirmée par la télévision nationale. Alors que cette dernière convoque un deuil, d’autres images, sur les réseaux sociaux, montrent des scènes de réjouissances.
Vivre sous la répression
Ces frappes interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques, mais aussi de troubles nationaux en Iran. Depuis décembre 2025, le pays est en effet secoué par des manifestations réprimées dans la violence. Le peuple iranien réclame plus de liberté et de justice face à un régime de plus en plus répressif.
Le régime du Guide suprême Ali Khamenei est synonyme de persécution pour l’Église. Les communautés historiques de chrétiens arméniens et assyriens sont reconnues mais ont une liberté limitée. Traités comme des citoyens de seconde zone, ils n’ont pas le droit d’accueillir de Perses convertis d’arrière-plan musulman dans leurs églises (ni de tenir leurs cultes en farsi). Ces derniers sont les plus persécutés. Les églises officielles leur étant interdites, ils se réunissent en églises de maison, risquant descentes de police, arrestations, tortures, peines de prison… Dans le contexte des récents troubles nationaux, la République islamique considère les chrétiens comme des «menaces pour la sécurité nationale» et les accusent d’être des agents à la solde d’Israël et des pays occidentaux, avec pour mission d’affaiblir le régime iranien.
Pour les chrétiens, la situation actuelle accentue la pression qui pèse sur eux. Ils subissent au même titre que le reste de la population l’instabilité et l’insécurité, mais la persécution en fait des cibles de choix quand le régime cherche des boucs émissaires. Avec la mort du Guide suprême, certains chrétiens qui avaient fui leur patrie pour échapper à la persécution ont l’espoir de revenir chez eux, dans un pays plus libre:
«Ma famille et moi avons fui l’Iran à cause de la persécution et de l’absence totale de liberté pour exprimer et vivre notre foi, explique une chrétienne iranienne. Nous avons enduré des années de déplacement et vécu comme réfugiés. Nous gardons l’espoir de retourner un jour dans notre patrie.»
Sur place, bien que certains Iraniens se réjouissent de la mort d’Ali Khamenei, la généralisation du conflit rend la peur palpable: «Le bruit des explosions et des avions de chasse est terrifiant», confie une chrétienne iranienne vivant dans une ville proche de la capitale. Les partenaires de Portes Ouvertes ont pu échanger avec elle juste avant que la connexion Internet ne soit à nouveau coupée dans tout le pays.
Le regard d’un chrétien iranien
S’il conçoit que ce basculement historique peut être bénéfique pour l’Iran, l’expert de Portes Ouvertes pour ce pays prend la mesure des événements qui ont actuellement cours:
«La mort de l’ayatollah Ali Khamenei marque un moment important et grave dans l’histoire de l’Iran. En tant que chrétien iranien, je ne peux ignorer que sous sa direction, l’Église en Iran a vécu pendant des décennies sous une pression intense, confrontée à des restrictions, à la surveillance, à des arrestations et au poids constant de l’incertitude. De nombreux croyants fidèles ont subi des souffrances simplement pour avoir suivi Christ.
Pourtant, même dans l’épreuve, l’Église est restée résiliente, persévérante dans la prière et profondément enracinée dans l’espérance.
Ce moment n’est pas une question de revanche ou de triomphe, mais la possibilité d'un avenir différent: un avenir où la liberté de conscience, la dignité et la justice seraient accordées à tous les Iraniens, quelle que soit leur foi ou leur origine.»
L’Iran entre dans une période d’incertitude profonde. Entre escalade militaire, bouleversement politique et tensions régionales, les conséquences de ces événements dépassent déjà largement ses frontières. Pour les chrétiens du pays, déjà éprouvés par des années de pression et de restrictions, l’avenir reste fragile. Au cœur du tumulte, beaucoup continuent de s’accrocher à l’espérance, dans l’attente d’un avenir marqué par davantage de liberté et de dignité pour tous.
Alors que les tensions s’aggravent au Moyen-Orient, les populations civiles vivent dans l’incertitude d’un basculement du co...