Leah Sharibu avait 14 ans lorsqu'elle a été enlevée dans son école du Nord-est du Nigéria. Huit ans après, elle est toujours captive pour avoir refusé de renoncer à sa foi chrétienne.
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, la Fédération Protestante de France (FPF) et Portes Ouvertes s’associent, dans le cadre de la campagne Voices4Justice, à l’appel des parents de Leah Sharibu, jeune Nigériane gardée captive depuis 8 ans par l’État islamique (ISWAP) en raison de sa foi chrétienne.
L'histoire de Leah
En février 2018, Leah Sharibu a été enlevée avec 109 autres élèves d’une école à Dapchi (État de Yobe, Nord du Nigéria) par des terroristes du groupe ISWAP (issu d’une scission avec Boko Haram). Elle était alors âgée de 14 ans. Parce qu’elle a été identifiée comme chrétienne par les ravisseurs, elle est la seule jeune fille à ne pas avoir été relâchée. Pour avoir refusé de renier sa foi, elle est devenue «esclave à vie».
À l’occasion du 19 juin, Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, les parents de Leah Sharibu font un communiqué:
«Notre fille n’a pas été relâchée mais est retenue captive car elle a refusé de renier sa foi chrétienne. […] Ce courage l’a amenée à endurer des épreuves inimaginables. Les témoignages d'anciennes captives évoquent des mariages forcés, des traumatismes répétés, des accouchements en captivité et la menace constante de violences sexuelles utilisées comme arme de guerre et de contrôle.»
Symbole d'une crise de grande ampleur
L’histoire de Leah illustre toute la complexité de la crise sécuritaire au Nigéria, où des cas avérés de persécution (Leah est la seule jeune fille non relâchée car elle était la seule chrétienne identifiée) ont lieu dans un contexte de violence généralisée dans le Nord du pays.
Leah représente aussi toutes les filles et femmes victimes d’enlèvements et de violences sexuelles au Nigéria, comme l’expriment ses parents : «La libération de Leah est une urgence nationale et un devoir moral. Sa situation illustre une réalité plus large qui frappe de nombreuses filles et femmes victimes de violences similaires, au Nigéria et ailleurs dans le monde.»
Cette réalité avait déjà suscité l’émotion internationale en 2014 lors de l’enlèvement de 276 lycéennes à Chibok, enclave chrétienne de l’État de Borno, donnant naissance à la campagne mondiale BringBackOurGirls. Aujourd’hui, 91 d’entre elles seraient encore portées disparues d’après le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes de l’ONU.
La communauté internationale appelée à agir
Alors que la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction, Nazila Ghanea, est actuellement en visite officielle au Nigéria, des experts de l’ONU ont récemment exhorté le gouvernement nigérian à prendre des mesures immédiates pour la libération et l’accompagnement des filles et femmes enlevées. Ils évoquent «des rapports crédibles de violence sexuelle, conversions forcées, mariages forcés et d’enlèvements visant les chrétiennes et d’autres minorités religieuses» et des «risques spécifiques et aggravés de discrimination, de violence et d’exploitation des femmes et filles chrétiennes».
Les parents de Leah Sharibu appellent la communauté internationale à intensifier les efforts pour la libération de leur fille et à mettre fin aux violences sexuelles en temps de conflit pour que «toutes les Leah» puissent rentrer chez elles.
La FPF et Portes Ouvertes se joignent à cet appel afin que les filles et femmes vulnérables au Nigéria et partout dans le monde soient protégées, secourues et écoutées, et que les victimes de violences sexuelles bénéficient d’une prise en charge, d’un accompagnement et d’une réhabilitation adapté.