Ce rassemblement œcuménique a réuni des chrétiens de différentes confessions ainsi que plusieurs responsables religieux et institutionnels, venus rappeler l’importance de la liberté de religion et de conviction, alors que les chrétiens du monde entier célèbrent Pâques ce week-end.

David Haemerlin, directeur général de Portes Ouvertes, a introduit l’événement en rappelant la réalité de la persécution pour plus de 388 millions de chrétiens dans le monde:

«Dans ces pays les chrétiens résistent, souffrent, adoptent un mode de vie clandestin, fuient, pleurent, prient, espèrent ou désespèrent de leur libération, subissent la torture, et pour la plupart d’entre eux, restent fidèles à leur foi. [...] Et c’est la raison de notre présence en ce lieu, en ce Vendredi saint.»

Moment central de l’événement: le témoignage de Farid (pseudonyme), chrétien iranien converti d’arrière-plan musulman, aujourd’hui réfugié en Europe.

«À un moment donné, la situation est devenue si tendue que ma vie même était en danger. Pour beaucoup de convertis en Iran, suivre Jésus peut signifier perdre sa famille, son travail, et parfois même risquer sa vie. Mon histoire n’est malheureusement pas un cas isolé.»

Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d'Alsace, était représenté par Philippe Ichter, chargé de mission «relations avec les cultes et dialogues interreligieux»:

«Il est effrayant de voir ce que des êtres humains peuvent faire à d’autres. [...] Mais grâce à votre action, un peu d’espérance, un peu de lumière viennent se frayer un chemin.»

Responsables religieux et associatifs mobilisés

Plusieurs intervenants ont pris la parole pour alerter sur la situation alarmante de la persécution des chrétiens dans différentes régions du monde.

Antoine Villain, responsable du service développement de l’Aide à l’Église en Détresse, a notamment souligné:

«Il est important de voir ce qui nous unit. Un bourreau ne tue pas un orthodoxe, un catholique, un évangélique ou un protestant. Il tue un chrétien.»

L’abbé Christophe Ribas, membre de l’Œuvre d’Orient, a également rappelé: 

«Tout ce qui peut nous unir doit être mis en commun, comme cette noble cause des chrétiens persécutés.» 

Des représentants religieux de différentes confessions chrétiennes ont également participé au rassemblement.

Le père Jean-George Boeglin, délégué par l’Archevêque de Strasbourg, a déclaré: «Nous pensons à tous ceux qui souffrent dans le monde à cause de leur foi. Pas que les chrétiens, mais aussi ceux qui souffrent pour leur conscience.»

Le père Vasile Iorgulescu, délégué de l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France, représentant les orthodoxes de Strasbourg, a également pris la parole. «L’Histoire nous montre que les conséquences de l’indifférence et du manque de solidarité peuvent être dramatiques à long terme.»

Le pasteur Glyn Hackett, président de l’Entente des Églises Protestantes Évangéliques de l’Eurométropole de Strasbourg, a affirmé: «Lorsque cela se passe sur un autre continent, il est facile de ne pas voir et de ne pas se laisser toucher. Mais c’est aussi pourquoi nous sommes là: nous sommes un même peuple, quelle que soit la branche de la famille chrétienne.» 

Actions symboliques et minute de silence

Le rassemblement s’est conclu par une action symbolique forte. Les participants ont endossé les drapeaux des 50 pays figurant dans l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026.

Puis quinze roses ont été déposées au pied de silhouettes représentant les chrétiens des pays où la persécution est la plus extrême. Une minute de silence solennelle a ensuite été observée par l’ensemble des participants.