Fils du pasteur évangélique Elier Muir Ávila (lui-même persécuté depuis des années et qualifié de «dangereux idéologiquement» par les autorités), Jonathan a été arrêté dans le contexte de l’interpellation de son père, soupçonné d’avoir participé à la vague de manifestations qui a secoué Cuba en mars. Si ce dernier a depuis été libéré, Jonathan, lui, reste détenu.

Cette situation interpelle à plusieurs égards:

  • Le non-respect de ses droits fondamentaux. Jonathan a été détenu sans chef d’accusation jusqu’au 2 avril, jour où il est transféré à la prison Canaleta (sans que sa famille n’en soit informée) dans le cadre d’une détention préventive. Cette mesure, normalement réservée aux cas particulièrement graves comme les homicides, est dénoncée par les organisations de défense des droits de l’Homme comme Cubalex qui parle d’une «action opposée aux provisions légales [qui font] de la détention provisoire un dernier recours pour les mineures» et Cuba Decide qui évoque «une forme de pression psychologique sur un mineur et son entourage».
  • Les risques sur sa santé. Jonathan souffre de dyshidrose, une affection grave nécessitant un suivi médical constant et des conditions d’hygiène strictes. Or, il est détenu dans des conditions insalubres, avec la présence de punaises de lit, et sans accès aux soins. Ses parents rapportent que son état de santé s’est détérioré.
  • Un sujet politique et religieux. Au cours de ses interrogatoires, Jonathan a été questionné sur des sujets touchant à la liberté d’expression, notamment sa présence présumée dans les manifestations des 13 et 14 mars à Morón. Un sujet politiquement sensible. Or, ses parents, pasteurs d’une église non reconnue par les autorités qui a perdu 60 de ses membres suite aux pressions, font face depuis une décennie à des persécutions : détentions, interrogatoires, menaces de mort, fermeture forcée des réunions de prière…

Une reconnaissance internationale récente

Le 24 avril 2026, la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) a reconnu la gravité de sa situation et l’urgence d’agir, demandant à Cuba d’adopter les mesures nécessaires à la protection de ses droits à la vie, à l’intégrité personnelle, à la santé et à la liberté d’expression.

Appel aux autorités cubaines:

  • libération immédiate de Jonathan, ou mesures garantissant sa sécurité
  • accès à des soins médicaux adaptés
  • communication régulière avec sa famille
  • transparence sur sa situation juridique
  • respect des libertés fondamentales

Cette affaire soulève de nombreuses questions en matière de respect des procédures, de protection des mineurs, et de liberté d’expression et de religion. Elle reflète aussi les mécanismes d’intimidation sur les responsables religieux, avec l’instrumentalisation de leur enfant comme moyen de pression.

Des photos de Jonathan Muir et sa famille sont disponibles ici.

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