Le 22 août, à l’occasion de la Journée mondiale des victimes de violences religieuses, Portes Ouvertes alerte sur le déferlement d'attaques, enlèvements et meurtres dont sont victimes les chrétiens en Afrique subsaharienne.
Le 22 août, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leur conviction de l'ONU, il est critique de reconnaître la réalité de la persécution religieuse en Afrique Subsaharienne, nouvel épicentre des violences contre les chrétiens.
Un été meurtrier pour les chrétiens au Nigéria
Les attaques envers les chrétiens ne décélèrent pas, notamment au Nigéria. La dernière en date: le 12 août, des extrémistes membres de l’ethnie fulani attaquent en plein jour la Zone de gouvernement locale de Mangu, 99% chrétienne, dans l’État de Plateau. Aux cris d’«Allah Akbar» et au son des tirs de fusils, ils brûlent maisons et églises.
Six jours plus tard, le même groupe revient au village de BinPer Bwai, de nuit cette fois, pour assassiner à la machette les villageois endormis. Le bilan est d'au moins 24 victimes, alors que des soldats de l'armée étaient censés protéger ce village. Pendant l’enterrement collectif, les femmes de la communauté ont manifesté pacifiquement pour la fin des attaques récurrentes dans leur village et dans d’autres régions de l’État du Plateau.
En plus des raids meurtriers, les enlèvements de chrétiens au Nigéria se multiplient. Kidnappée avec 33 autres chrétiens en pleine célébration du dimanche de Pâques en avril dernier (lorsqu'une église évangélique et une catholique étaient attaquées dans l'État de Kaduna), Victoria et ses enfants ont réussi à s'échapper ce 1er août après 120 jours de captivité. Lors de leur fuite, sa plus jeune fille a succombé à ses blessures. Enceinte au moment de l'attaque, Victoria a dû accoucher en captivité; le nouveau-né n'a pas survécu.
Vingt des 33 chrétiens enlevés en avril sont encore retenus en otage par les extrémistes, en proie à de la torture et à des violences multiples.
L'Afrique subsaharienne, premier foyer des violences envers les chrétiens
Ces attaques au Nigéria sont tristement représentatives d'une réalité régionale plus large, documentée par l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026: les pays d'Afrique subsaharienne sont surreprésentés concernant les meurtres de chrétiens (représentant 93% du total mondial, 4491 pour 4849**), et les enlèvements (90% du total mondial, 2994 pour 3302**).
Certains sont forcés de quitter leur lieu de résidence pour fuir les violence: on estime à 16 millions le nombre de chrétiens déplacés internes en Afrique subsaharienne. Ces derniers s'exposent à de nouvelles difficultés: loin de leurs terres, trouver de quoi subvenir à leurs besoins devient un défi quotidien. Et leur statut de déplacés ne les protège pas toujours d'attaques meurtrières, comme ce fut le cas dans le camp de Yelewata en juin 2025.
Un appel à la communauté internationale
Il est de la responsabilité de la communauté internationale de regarder en face la réalité des violences subies par les chrétiens. Le communiqué officiel publié par des experts de l'ONU le 8 juin dernier, mentionnant «la persécution affectant disproportionnellement les chrétiens» au Nigéria, semble aller dans ce sens. Le Parlement européen a quant à lui adopté une résolution d'urgence sur les persécutions en cours contre les chrétiens au Nigéria.
Dans le cadre de la campagne internationale «Afrique: Unis contre la violence», Portes Ouvertes a lancé une pétition qui demande la protection, la justice et la restauration des communautés vulnérables déplacées à cause de la violence en Afrique subsaharienne. L'objectif est de récolter un million de signatures pour porter cette pétition devant la communauté internationale. Cela dans le but d'agir pour «stopper la violence, et soigner les blessures».