Maroc

Il existe des restrictions à la liberté religieuse, notamment pour les chrétiens et principalement les nouveaux convertis.

Contexte

Les protestations du Printemps arabe n'ont pas mis fin à la monarchie, mais le roi Mohammed VI a dû accepter un certain nombre de réformes pour restaurer la paix. Les émeutes qui ont finalement été calmées en juillet 2011 ont forcé le roi à faire de grandes concessions politiques, des changements dans le gouvernement, un référendum sur les réformes constitutionnelles et à s'engager à respecter les droits civils et mettre fin à la corruption.

L'islam est la religion d'État, mais la Constitution prévoit une certaine liberté religieuse. Il existe cependant des restrictions dans l'exercice de cette liberté. Par exemple, le gouvernement interdit la mise à disposition libre de littérature chrétienne et l’expression publique de la foi chrétienne. Il tolère quelques minorités religieuses avec différents degrés de restrictions.

Source de la persécution

- Si les communautés chrétiennes étrangères bénéficient de la liberté de culte, les chrétiens marocains autochtones n’ont pas les mêmes droits. Les musulmans marocains qui se convertissent au christianisme sont traités comme des criminels par la police et sont rejetés par leurs amis et leur famille. Pourtant, la conversion volontaire n'est pas un crime dans la loi marocaine.

-L'extrémisme islamique est la principale source de persécution au Maroc, et encore plus depuis que le gouvernement est dirigé par un parti islamique. Dans ce pays à majorité musulmane, la dynamique de persécution est comparable à celle de ses voisins du Maghreb, même si la législation est un peu moins restrictive.

Perspectives

Comparée aux années précédentes, la situation des chrétiens au Maroc n'a pas vraiment évolué. Le plus grand changement est sans aucun doute l'arrivée du parti islamiste au gouvernement. Les forces islamistes sont de plus en plus visibles dans le pays. Si 2010 a été marquée par de fortes pressions sur l'Église marocaine et l'expulsion de plus de 150 missionnaires et de travailleurs expatriés chrétiens, 2011 n'a pas été témoin de beaucoup de faits violents de persécution contre les chrétiens. Les autorités ont concentré leur énergie et leurs ressources pour contrôler les soulèvements dans le pays, ce qu'il leur a laissé moins de temps pour surveiller les églises et les chrétiens.

Le gouvernement local, les voisins et parfois les familles sont responsables de la plupart des hostilités contre les chrétiens, mais il faut noter que le parti islamiste qui a gagné les dernières élections est la principale source d'inquiétude pour les chrétiens. Les organisations islamiques, souvent créées par l'Arabie saoudite, ont de plus en plus d'influence dans le pays.

Le Printemps arabe a donné de l'espoir à la jeune génération de chrétiens. Ils sont encouragés à se battre pour plus de liberté. L'avenir nous dira si cet espoir va devenir réalité ou si les restrictions du gouvernement vont de nouveau augmenter.

Informations sur l’Eglise

-L'Église marocaine autochtone  n'est pas reconnue par les autorités, mais l'Église composée d’expatriés l'est.

-Si l'Église compte environ 25 000 membres au Maroc, plus de 80 à 95 % des chrétiens ne sont pas marocains d'origine. Parmi les églises et les associations déclarées se trouvent les catholiques, les orthodoxes russes, les orthodoxes grecs, les protestants français et les anglicans. L'Église catholique est la plus nombreuse de ces groupes.

-La persécution ouverte des chrétiens est rare au Maroc. Beaucoup de convertis de l'islam subissent une pression de leur famille et sont exclus de la société. L'éducation religieuse pour les enfants des familles chrétiennes n'est pas possible.