Dans le village de Bilhore, c’est le soulagement. Le 7 juin, des sources locales ont déclaré à Radio Oméga que Pierre Boena, son fils David, sa belle-fille Ami Sawadogo et ses deux petites-filles venaient d’être libérés. La raison de leur libération n'est pas connue, et on ne sait pas non plus si une rançon a été payée.

Une série d’enlèvements

Pierre Boena, pasteur de l’Assemblée de Dieu à Bilhore, près de la frontière malienne, avait été enlevé dans la soirée du dimanche 3 juin alors qu’il se trouvait en famille à son domicile. Le 20 mai, un responsable de l’église d’Arbinda (à 40 km de Bilhore) a été également kidnappé avec son épouse qui tentait de résister à l’attaque. On n’est sans nouvelles du couple. Toujours dans cette région, un couple de chrétiens australiens a été pris en otage en janvier 2016 par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Ken et Jocelyn Elliot géraient une clinique à Djibo. Jocelyn a été libérée un mois plus tard, mais son mari est toujours captif. Ces enlèvements ont créé un climat d’anxiété au sein des communautés chrétiennes locales. Jusqu’à présent, les attaques menées par les combattants islamiques ne visaient que des militaires ou des fonctionnaires, mais la violence inquiète la population civile. 

Une région troublée

Début 2017, les extrémistes ont averti les enseignants d’abandonner la langue française pour n’enseigner que l’arabe et l’islam. 216 écoles ont été fermées, laissant plus de 24 000 enfants déscolarisés. Un chef d’établissement, plusieurs enseignants et des élèves ont été tués. Plusieurs villages ont été vidés de leurs habitants, et plus de 15 000 personnes ont fui la région. Depuis 2015, le nord du Burkina Faso a connu 80 attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières. L’escalade de la violence islamiste sur fond de rivalités ethniques déstabilise les communautés chrétiennes (20 % de la population) dans un pays considéré traditionnellement comme un modèle de tolérance.