En décembre 2025, au Laos, dix chrétiens ont été arrêtés pour avoir pratiqué leur foi.

Avant leur arrestation, tout se passait bien, parce qu’ils ne pratiquaient pas leur culte dans leur village. Ils rejoignaient une autre église, ailleurs, et ne rencontraient pas d’opposition. Mais les trajets jusqu’à cette église ont fini par leur coûter trop cher et leur prendre trop de temps. Ils ont donc décidé de vivre leur culte, ensemble, dans leur propre village.

C’est là que les problèmes ont commencé. Les anciens du village, les chefs et des voisins se sont violemment opposés à l’exercice de leur culte. On les a accusés de pratiquer une «nouvelle religion» sans autorisation officielle. Persévérants face aux menaces et aux pressions, les chrétiens ont continué à vivre leur foi chez eux. Ils ont alors été dénoncés à la police, qui les a arrêtés en décembre 2025. Parmi les dix chrétiens emprisonnés, on compte huit jeunes et deux adultes – tous des hommes.

Aucune visite autorisée

Incarcérés dans un centre de détention, ils n’avaient au début pas le droit de recevoir une seule visite. Il leur a été clairement indiqué que s’ils renonçaient à leur foi et retournaient au culte des ancêtres, ils seraient immédiatement libérés. 

Mais ils ont tenu ferme dans leur fidélité à Dieu. Leur famille a finalement pu venir leur rendre visite à tour de rôle, surtout pour leur apporter du riz. Ils doivent en effet cuisiner et fournir eux-mêmes les aliments, faute de quoi ils ne mangent pas.

«Les autorités ne les relâcheront que s’ils renient leur foi.»
— Sounthon (pseudonyme),
partenaire local de Portes Ouvertes

En février 2026, Portes Ouvertes leur a fourni un soutien financier pour acheter plus de nourriture. Mais leur libération était toujours impossible.

Après plusieurs mois d’emprisonnement et de privation, quatre des détenus ont fini par craquer. Ils ont malheureusement renoncé au christianisme. Ils ont été libérés, sont rentrés au village et pratiquent de nouveau le culte des ancêtres.

Caution astronomique

Mais les six autres sont restés fermes et sont toujours en prison à ce jour. 

Face à leur ténacité, les autorités locales ont fini par modifier les conditions de leur libération éventuelle: ils doivent désormais payer cinq millions de kips chacun (environ 200€) pour leur caution et ne surtout plus pratiquer la religion chrétienne quand ils seront de retour chez eux. Néanmoins, il ne leur est plus demandé de renier le christianisme ni de pratiquer de nouveau le culte des ancêtres.

À ce jour, les partenaires de Portes Ouvertes prévoient d’apporter un soutien financier pour payer la libération sous caution des six chrétiens emprisonnés. Nos partenaires sont également en pourparlers avec les autorités pour que, une fois libérés, ils puissent librement exercer leur culte dans leur village.