Kanya (pseudonyme) était assise à quelques mètres de sa maison, en train de prier et de chanter un cantique.

Sous ses yeux, des villageois en colère arrachaient les planches, frappaient les murs à coups de marteau et détruisaient ce qui avait été son foyer. Quelques instants plus tôt, cette maison accueillait un petit culte. Kanya et son mari Phonesay (pseudonyme) voulaient simplement remercier Dieu: après cinq années de séparation, leur famille venait d’être réunie.

Phonesay, Kanya et leurs enfants.

Au Laos, dans certaines régions rurales, suivre Jésus peut tout faire basculer. Afin de continuer à vivre leur foi, certains chrétiens font le choix de rejoindre des églises secrètes. Pour Kanya et Phonesay, la foi chrétienne leur a coûté leur place au sein du village, leur maison, leur sécurité… et presque leur famille.

Je soutiens les chrétiens clandestins

Une foi née de l’épreuve

Kanya a rencontré Jésus alors qu’elle était malade. Aucun remède ne la soulageait, et le couple n’avait pas les moyens d’offrir aux esprits le sacrifice demandé par les coutumes animistes locales. Quelqu’un lui a alors parlé de Dieu: «Si tu crois en Lui, il peut t’aider.» Kanya a cru. Elle a été guérie, mais surtout son cœur a été saisi par le Seigneur.

Phonesay, lui, avait d’abord encouragé sa femme. Il avait même promis de croire à son tour si elle était guérie. Mais lorsque la persécution est arrivée, il a reculé. Les autorités locales ont exigé que Kanya renonce à Jésus. Les villageois ont fait pression sur Phonesay: soit il rejoignait sa femme dans la foi et quittait le village avec elle, soit il l’abandonnait.

Phonesay a choisi de rester «du côté du plus fort». Kanya a été expulsée. Enceinte, séparée de son mari et de ses enfants, elle aurait pu céder. Mais elle a tenu bon.

Cinq années de persévérance dans la prière

Pendant cinq ans, Kanya a prié pour Phonesay. Elle continuait à lui parler de Jésus au téléphone. Lui s’est éloigné, a sombré dans l’alcool et la drogue, puis s’est remarié. 

Beaucoup se moquaient de Kanya: «Tu as cru en Dieu, mais tu n’as rien gagné. Ton mari a une autre femme maintenant.» Elle ne répondait pas. Elle souriait. Elle croyait que Dieu pouvait encore restaurer ce qui semblait perdu.

Kanya et l’une de ses filles.

Pendant ce temps, Dieu travaillait dans le cœur de Phonesay. Malgré sa nouvelle vie, il se sentait vide. «Je ne trouvais aucun sens à cette vie», confie-t-il. 

Peu à peu, son cœur s’est ouvert, jusqu’au jour où il a accepté Jésus comme son Seigneur. Sa nouvelle épouse l’a quitté à cause de sa foi. Mais cette rupture a ouvert la porte à ce que Kanya avait demandé à Dieu pendant des années: Phonesay est revenu vers elle.

Louer dans l’épreuve

Leur réconciliation a été une immense joie. Ils se sont remariés, puis ont organisé un culte dans leur maison pour remercier Dieu et témoigner publiquement de leur foi. C’est alors que les villageois sont venus détruire leur maison.

Kanya n’a pas répondu par la haine. Elle a prié. Elle a même chanté un cantique:

«Merci, Jésus. Alléluia! Sa grâce est la plus grande.»

Elle savait que ceux qui l’attaquaient ne comprenaient pas encore l’amour du Seigneur.

Après cette attaque, Kanya, Phonesay et leurs enfants ont été expulsés du village. Ils ont rejoint sept autres familles chrétiennes, elles aussi chassées à cause de leur foi. Ensemble, elles se sont installées dans une zone forestière, sur un terrain appartenant au gouvernement.

Les familles chrétiennes chassées du village en train de marcher dans la forêt (image de reconstitution).

L’endroit était à peine habitable: pas d’électricité, pas de toilettes, très peu de nourriture, seulement des huttes précaires au milieu de la forêt.

Ce que votre soutien rend possible

Grâce à vous, les partenaires de Portes Ouvertes ont pu fournir de la nourriture, des matériaux de construction de base et aider les familles à défricher le terrain pour bâtir de nouvelles huttes. Dans ce lieu fragile, une petite église clandestine est née.

Les membres de l’église clandestine en train de prier pour Kanya.

Aujourd’hui, cette église se réunit dans un espace simple, sans confort, mais rempli de foi. Elle reste clandestine et sous pression. Comme beaucoup d’églises non enregistrées au Laos, elle peut être fermée à tout moment. Les croyants vivent sur un terrain qui ne leur appartient pas, avec la conscience que les autorités ou les villageois peuvent de nouveau intervenir.

Mais ils ne sont plus seuls.

Votre soutien a permis d’organiser des formations bibliques et des formations de préparation à la persécution. Phonesay a pu être formé à l’interprétation de la Bible et encouragé à tenir ferme. «La formation m’a appris à être patient dans la persécution, dit-il. Elle m’a rappelé de ne jamais renier ma foi.»

«Si nous traversons des difficultés, nous devons nous appuyer sur Dieu. Il ne nous abandonnera pas.»

Un projet de subsistance a également été mis en place pour aider les familles à retrouver une source de revenus après leur expulsion. Pour Phonesay, cette aide permet d’acheter des produits essentiels, comme du sel ou du sucre. Mais plus encore, elle rappelle à ces chrétiens qu’ils font partie d’un corps plus grand: l’Église universelle.

L’Église clandestine continue de grandir

Kanya et Phonesay savent que leur situation reste fragile. Leur église clandestine vit sous pression. Pourtant, dans cette forêt du Laos, leur foi grandit. Eux qui ont perdu leur maison ont trouvé une famille spirituelle. Eux qui ont été rejetés adorent Dieu chaque jour. Eux qui auraient pu tout abandonner témoignent maintenant que le Seigneur ne les a pas abandonnés.

Votre soutien permet à des chrétiens comme Kanya et Phonesay de tenir debout quand la pression devient écrasante. Par vos prières et vos dons, vous aidez des églises secrètes à grandir, à se former, à survivre et à continuer de proclamer Jésus, même lorsqu’elles sont forcées de vivre cachées.