Le 24 juillet 2026, une bombe a été découverte cachée dans un parapluie, dans une station de métro de la capitale du Bangladesh au moment où des centaines d’hindous défilaient pour une procession religieuse.

Si la bombe avait explosé sur le passage des pèlerins, le nombre de victimes aurait été très important. La police a pu sécuriser le périmètre et procéder à l’explosion contrôlée de la bombe. Malheureusement, un passant a été blessé par un projectile.

Dans ce pays à majorité musulmane, cet incident augmente le sentiment d’insécurité de la minorité hindoue, et avec elle de toutes les minorités religieuses de ce pays, dont les chrétiens.

Bombes jetées contre une cathédrale

La police affirme qu’aucun lien ne peut être établi entre la procession hindoue et la bombe retrouvée le même jour, mais cet incident intervient après un certain nombre d’incidents visant les minorités religieuses au cours des derniers mois. Ces dernières craignent donc pour leur sécurité.

En effet, en novembre 2025, deux bombes artisanales ont été jetées contre la cathédrale Sainte-Marie, à Dhaka. Au même moment, des explosifs ciblaient les habitations de responsables d’église et d’enseignants du lycée-université Saint-Joseph. Le 7 mars 2026, plusieurs bombes artisanales ont explosé près d’un temple hindou à Cumilla pendant l’office religieux, faisant trois blessés, dont le prêtre.

Minorités menacées et vulnérables

Surveillant les activités du groupe terroriste Neo-JMB et les radicalisations de certains citoyens sur Internet, les autorités ont émis une alerte nationale en avril 2026 (à l’instar du plan Vigipirate en France). Elles craignaient de possibles attentats contre des lieux de culte et d’autres bâtiments publics.

Dans un tel contexte, les minorités religieuses se sentent particulièrement menacées et vulnérables. Elles craignent une recrudescence d’intimidations, d’attaques et de restrictions de leur liberté de culte.

Pour les chrétiens, et surtout ceux d’arrière-plan musulman, cela se traduit par une peur accrue de se déplacer, d’aller au culte et de s’identifier publiquement comme chrétien.

«Avec la protection de certains partis politiques, les extrémistes religieux ont formé des groupes militants, dont ils ont organisé les opérations avec efficacité, confie un partenaire local de Portes Ouvertes. Aujourd’hui, ils sont actifs et montrent leur existence, ce qui provoque peur et panique au sein des minorités religieuses, car ce sont elles qui sont souvent prises pour cibles.»

Sur place, les minorités religieuses en appellent aux autorités pour identifier les poseurs de la bombe du 24 juillet, établir leurs mobiles et prendre des mesures efficaces pour protéger les lieux de culte et les rassemblements religieux.