Comme chaque samedi, jour de repos au Népal, le pasteur Rambahadur (pseudonyme) conduisait un culte chez lui lorsqu’un groupe d’une vingtaine d’extrémistes hindous ont fait irruption, proférant insultes, menaces et accusations.

Les attaquants l’ont frappé à coups de poing et de pied au visage et sur tout le corps, jusqu’à lui briser plusieurs côtes. Ils l’ont ensuite traîné par terre à l’extérieur de la maison pour le frapper en public, devant les villageois. Au bout d’une heure de violences intermittentes, Rambahadur a fini par s’évanouir. Ce n’est qu’en le voyant perdre connaissance que ses agresseurs ont lâché prise et sont partis.

Blessé, le visage tuméfiée, la bouche ensanglantée, Rambahadur ne pouvait plus parler ni correctement respirer quand il a repris conscience. Il a finalement été hospitalisé. «Je suis au service des chrétiens de façon active, raconte-t-il. Mon église de maison a grandi rapidement. Les villageois nous surveillaient et se sont mis à me menacer, m’accusant de convertir les gens au christianisme. Ils ont exigé de moi que j’arrête de répandre le christianisme et de conduire des cultes.»

Multiples menaces

Les partenaires de Portes Ouvertes lui ont rendu visite à sa sortie de l’hôpital. «Avant l’agression, j’avais reçu de multiples menaces qui m’ont effrayé. Mais pendant l’attaque, alors que j’avais des blessures visibles sur mon visage et mon corps, je ne ressentais aucune douleur… Je me sentais protégé.» Cette expérience unique a fait complètement disparaître ses peurs.

«Je suis encore plus motivé pour servir, quels que soient les risques.»
— Rambahadur

Depuis cette agression, les chrétiens de cette région du Népal ont arrêté de célébrer le culte ensemble le samedi. Ils ont décidé de se retrouver dans d’autres maisons, par groupes plus petits et plus discrets, d’autres jours de la semaine, sous la direction du pasteur Rambahadur.

Construire une église

De son côté, Rambahadur a beaucoup médité sur l’Évangile selon Jean et le jeûne de Jésus pendant 40 jours. Il en a conclu que cette attaque était à la fois de la persécution et une façon de tester sa foi, et que le jour de l’attaque est le jour où il a été délivré de ses peurs.

Aujourd’hui, il espère une chose: pouvoir construire un bâtiment qui serve d’église à sa communauté. Pour qu’ils n’aient plus besoin de se cacher dans les maisons.

Dans sa région les croyants d’autres religions obtiennent les autorisations nécessaires pour construire des temples ou des mosquées, mais pas les chrétiens. Ils n’ont également pas accès à l’eau qui leur permettrait de fabriquer du ciment pour construire des murs. Le pasteur Rambahadur espère que cela changera bientôt.