Depuis le début de l’année, une répression d’une ampleur sans précédent vise les chrétiens à travers le Yémen: plus de 50 personnes auraient été interpellées puis portées disparues.
Depuis le début du mois de janvier 2026, une répression sans précédent vise les chrétiens à travers le Yémen: plus de 50 personnes auraient été interpellées puis portées disparues.
Ces chrétiens seraient détenus dans des lieux inconnus, le temps d’enquêtes et d’interrogatoires. Ni les familles ni la justice n’ont possibilité de recourir à cette situation.
L’un de nos partenaires locaux explique: «Nous attendions des frères qui devaient venir assister à une formation prévue. Nous ne savons pas où ils se trouvent et nous n’arrivons pas à les joindre, même après avoir contacté leurs voisins et leurs amis.»
Menaces directes et climat de peur
Les arrestations ne sont qu’une partie de ce que vivent les chrétiens sur le terrain. Plusieurs responsables d’église ont reçu des messages de menaces directes.
Dans une autre région, une communauté chrétienne sait qu’elle est observée: des personnes inconnues surveillent l’église, suivent certains membres, créant un climat de peur permanent.
Les observateurs sur le terrain constatent une extension préoccupante de la pression exercée sur les chrétiens: elle ne se concentre plus sur quelques zones, mais s’étend progressivement à de nouvelles villes et territoires.
«La plupart des personnes avec lesquelles j’étais en contact sont maintenant en prison, confie un autre partenaire local. Avec ceux que nous pouvons encore joindre, nous cherchons comment aider sans aggraver la situation.»
Une Église particulièrement vulnérable
Les dangers auxquels sont confrontés les chrétiens au Yémen continuent de s’aggraver dans un contexte de conflit incessant, d’extrémisme et d’effondrement économique.
L’Église locale est principalement composée de convertis d’arrière-plan musulman, contraints de vivre leur foi dans un secret absolu. Être découvert comme chrétien peut être fatal, car l’apostasie est légalement punissable de mort.
Aucun lieu de culte non musulman n’a été autorisé depuis des années et les groupes se revendiquant d’une autre confession ne peuvent pas s’enregistrer officiellement. La majorité des chrétiens non yéménites ont fui le pays, tandis que de nombreuses églises ont été pillées ou détruites.