La Constitution de cette république à majorité musulmane garantit la liberté de religion. Cependant, la situation des chrétiens est compliquée par l’autoritarisme, l’influence grandissante du wahhabisme, l’insurrection djihadiste dans le bassin du Tchad et les tensions intercommunautaires. L’instabilité des pays voisins complique encore la donne sécuritaire.
Le président Mahamat Idriss Deby, qui a pris la suite de son père, a été réélu en mai 2024, tandis que l’opposant Yaya Dillo avait été tué quelques mois auparavant. La pauvreté (42% de la population) et l’instabilité des pays voisins secoués par des crises djihadistes, constituent de grands défis pour cette république laïque à majorité musulmane.
Souvent perçus comme liés à des influences étrangères ou à la dissidence politique, les chrétiens sont soumis à une surveillance étroite, à du harcèlement et à une répression arbitraire.
Dans le bassin du Tchad, les groupes djihadistes Boko Haram et ISWAP attaquent les villages chrétiens, incendient les églises et enlèvent les croyants. Ces actions alimentent l’insécurité et la défiance interreligieuse.
Les autorités ne reconnaissent pas les conversions et utilisent l’enregistrement obligatoire pour contrôler les églises.
Les chrétiens d’arrière-plan musulman pratiquent leur foi en secret pour échapper aux pressions et aux violences.
21 juin 2025 – 8 jeunes chrétiens, appartenant à différentes églises, sont arrêtés pendant une campagne d’évangélisation à N’Djamena, amenés au poste de police central puis déplacés dans un lieu non communiqué à leurs familles. Ils sont finalement relâchés le 8 août.
«[Mon oncle] a ramassé mes vêtements et les a jetés à la poubelle, et il m’a demandé de sortir de chez lui. Je n’avais nulle part où aller. J’ai supplié de rester, mais il a pris un gros bâton et m’a chassé de sa propriété.» - Malloum (pseudonyme), un chrétien d’arrière-plan musulman dans le centre du Tchad, qui a vécu avec son oncle musulman pendant un certain temps après s’être converti au christianisme.
Les chrétiens vivant dans les zones où les attaques de Boko Haram sont les plus fréquentes sont les plus exposés à la violence. Les croyants, en particulier les convertis de l’islam, sont également plus à risque dans les zones où des chefs religieux musulmans extrémistes sont actifs.
Portes Ouvertes travaille par l’intermédiaire de l’église locale au Tchad pour fournir des ressources importantes telles que la préparation à la persécution, la formation, la formation de disciples, l’autonomisation économique et l’assistance aux nouveaux croyants.