Dans un village du sud-ouest de la Chine, la famille de Ling et Song s’est tournée vers Jésus. Depuis, leur église de maison vit dans la clandestinité.
Ling et son mari Song (pseudonymes) ont grandi dans un village de montagne isolé, au sein d’une minorité ethnique du sud-ouest de la Chine. Il y a quinze ans, après un mariage arrangé par leurs parents, Ling et Song se sont installés dans une ville voisine pour chercher du travail.
Dès le début, leur mariage manquait de lien affectif et de compréhension mutuelle. Très vite, leur relation s’est tendue. Mais tout a changé le jour où ils ont été invités dans une église de la ville.
«Ce jour-là, à l’église, quelque chose s’est éveillé dans mon cœur, se souvient Ling. Le message d’espérance, d’amour et de pardon parlait directement à notre situation brisée. Pour la première fois, j’ai trouvé une solution pour notre mariage.»
Retour au village
Alors que le couple commençait à participer aux réunions et à grandir dans la foi, leur amour grandissait lui aussi. Ils ont appris à se comprendre, à se soutenir et à se montrer de l’empathie.
Touchés par la beauté de l’Évangile, un désir profond s’est mis à grandir dans leurs cœurs: «Si seulement nos parents et nos proches au village pouvaient entendre cette Bonne Nouvelle». Une pensée audacieuse a alors émergé: et s’ils retournaient chez eux pour partager l’Évangile?
Ling et Song savaient que le chemin serait difficile. Les traditions ethniques de leur village, enracinées dans le culte des ancêtres et les pratiques chamaniques, étaient profondément ancrées dans leur communauté. Ling hésitait, redoutant les conséquences, mais Song était déterminé: «Seul l’Évangile rend les gens libres.»
Face à la colère de la famille
Dès la première mention de Dieu, leurs parents et leurs proches ont éclaté de colère, accusant Ling et Song de trahison.
Le conflit a atteint son paroxysme lors d’une cérémonie ancestrale, lorsque plus de dix membres de la famille, dont les parents de Song, ont fait pression sur Ling pour qu’elle participe au culte des ancêtres. Song étant absent pour suivre un cours biblique, Ling s’est retrouvée seule face à eux. Lorsqu’elle a refusé, le jeune frère de son mari s’est emporté, l’insultant et allant jusqu’à menacer de la frapper.
Effrayée mais déterminée, Ling a prié intérieurement pour que Dieu l’aide. Le frère de Song a alors appelé celui-ci pour dénoncer la «désobéissance» de son épouse. Mais Song est resté ferme: «Nous croyons désormais en Jésus. Nous ne participons plus au culte des ancêtres.»
À partir de ce moment-là, Ling, Song et leurs enfants ont vécu dans l’isolement. Pendant des années, ils ont subi les insultes et l’exclusion des anciens de la famille et de leurs proches.
Un miracle qui bouleverse tout un clan
Mais Dieu n’en avait pas fini avec Ling et Song.
Quelque temps plus tard, leur fils de six ans, terrifié après avoir perdu deux moutons du troupeau familial, a bu du pesticide. Transporté d’urgence à la clinique du village, il a été déclaré sans espoir par les médecins. Ling et Song ont alors prié avec ferveur, rejoints par les membres de leur église. Après plus de dix jours entre la vie et la mort, leur fils s’est complètement rétabli, à la stupéfaction de tous.
Ce miracle a profondément bouleversé le père de Song, connu dans le village pour ses pratiques de sorcellerie. Il a retiré de sa maison tout ce qui était lié au culte des ancêtres, puis a placé sa foi en Christ.
Touchés par cette guérison et par sa transformation, des dizaines de proches ont à leur tour choisi de suivre Jésus. Mais cette conversion familiale a aussi suscité le rejet du village: beaucoup les ont accusés d’avoir abandonné leurs traditions pour rejoindre une secte.
«Cet événement a révélé la puissance extraordinaire de Dieu, explique Ling. Toute notre famille est venue à Christ!» C’était l’accomplissement vivant d’Actes 16:31:
«Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta famille.»
Des réunions secrètes dans les maisons
À travers la famille de Ling, des réunions ont commencé: petites, secrètes, mais bien vivantes. Les années ont passé, et le nombre de croyants dans leur communauté a grandi lentement mais sûrement.
Avec quelques autres personnes, Song et son groupe sont devenus responsables de l’église de maison. Ils ont rejoint une équipe missionnaire locale engagée dans le partage de l’Évangile auprès des minorités ethniques de la région du sud-ouest. Leur communauté est même devenue l’un des centres de ce ministère.
Mais cette croissance a aussi entraîné une surveillance accrue de la part des autorités, plus oppressante encore que la pression communautaire.
Sous la surveillance des autorités
Dans les zones rurales du sud-ouest de la Chine, les chrétiens issus de minorités ethniques, comme Ling, subissent une pression qui ne se limite pas au rejet social ou familial. Elle prend aussi la forme d’une surveillance durable exercée par les autorités locales.
Cette pression s’exerce à plusieurs niveaux. D’abord sur le plan économique: les villageois qui se convertissent au christianisme peuvent perdre les aides sociales versées par le gouvernement, une menace particulièrement lourde pour des familles déjà fragilisées par la pauvreté.
Ensuite sur le plan religieux: les réunions à domicile sont considérées comme illégales. Les autorités surveillent donc ces lieux de rassemblement et restreignent les activités chrétiennes.
Face à ces contrôles, les croyants sont contraints d’adapter sans cesse leur organisation et d’entrer dans la clandestinité. Ces dernières années, plusieurs réunions ont été perquisitionnées, poussant les chrétiens à changer régulièrement l’heure et le lieu de leurs rencontres pour tenter d’échapper à la surveillance.
Aux côtés des chrétiens clandestins
Alors que l’Église chinoise fait face à une pression croissante, les partenaires locaux de Portes Ouvertes continuent d’accompagner les chrétiens secrets comme Ling. Matian (pseudonyme) voit dans son histoire un exemple concret du ministère «de personne à personne» porté par Portes Ouvertes: une présence discrète, fidèle et proche des chrétiens les plus isolés.
Depuis l’année dernière, des formations de préparation à la persécution et des cours de disciples ont permis à ces chrétiens d’approfondir leur compréhension de la Parole de Dieu, de fortifier leur foi au cœur de l’épreuve et de recevoir un encouragement essentiel: ils ne sont pas seuls.