Dimanche dernier, vers 19h30, une explosion a retenti devant la cathédrale Saint-Georges de Hama, dans l’ouest de la Syrie. L’explosion a eu lieu à la veille de la fête de la Sainte-Croix, célébrée le 14 septembre par les chrétiens orthodoxes, ce qui donne à l’attaque une portée particulièrement sensible pour la communauté locale.

Les circonstances de l’explosion ont rapidement pu être reconstituées grâce aux images de vidéosurveillance. On y voit un homme masqué arriver à moto devant la cathédrale, puis déposer un engin sous une voiture stationnée à proximité de l’église avant de repartir.

Quelques instants plus tard, l’engin a explosé. La déflagration a brisé plusieurs fenêtres de la cathédrale et provoqué des dégâts aux alentours.

«C’est sorti de nulle part»

La cathédrale Saint-Georges accueille près de 1.000 fidèles. Au moment de l’explosion, aucun rassemblement n’était en cours dans l’église et personne n’a été blessé.

Mais au sein de la communauté chrétienne, le choc est important. Un responsable de la cathédrale témoigne: «Il n’y avait eu aucun signe avant-coureur, aucune menace ni aucun conflit avec qui que ce soit. C’est sorti de nulle part, ce qui nous inquiète encore davantage.»

Si les autorités ont présenté l’engin comme une simple «bombe sonore», les sources locales ont affirmé qu’il s’agissait d’un explosif déposé volontairement devant l’église dans le but de semer la peur.

Se reconstruire après l’attaque

Dans les heures qui ont suivi l’explosion, des membres de l’église se sont spontanément retrouvés pour ramasser les débris. De nombreux chrétiens ont remercié Dieu d’avoir épargné des vies.

Mais d’autres réactions publiées en ligne témoignent de l’hostilité qui continue de viser les communautés chrétiennes du pays. Des commentaires particulièrement violents ont pris la communauté de Saint-Georges de Hama pour cible, qualifiant les chrétiens d’«infidèles» qui méritaient cette attaque. Un message publié directement sur la page de l’église les menaçait en ces termes: «Des jours pires et plus amers sont encore à venir, adorateurs de la croix.»

De Hama à Alep, les mêmes intimidations

Les messages haineux apparus sur les réseaux sociaux après l’explosion ne sont pas sans rappeler les menaces proférées ces derniers mois dans plusieurs villes syriennes. 

En février dernier, à Alep, les chrétiens avaient ainsi découvert cette inscription sur un mur de leur quartier: «Vos jours sont comptés, adorateurs de la croix.» Quelques mois plus tôt, des menaces similaires avaient été taguées sur des églises à Maared et à Damas.

Ces intimidations s’inscrivent dans un climat d’insécurité persistant pour les chrétiens de Syrie. En mai dernier, une église d’Alep avait déjà échappé de peu à un attentat: une bombe avait été découverte pendant des funérailles avant d’exploser.

Dans un pays où il ne reste qu’environ 300.000 chrétiens – contre 1,8 million en 2011 –, la pression ne faiblit pas pour les chrétiens syriens.

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