Dans les régions reculées d’Éthiopie, ancêtres et esprits rythment encore la vie de certaines communautés. S’en détourner pour suivre Jésus, c’est passer pour un traître aux yeux des siens.
Seul dans les montagnes, Petros (pseudonyme) crie vers Dieu: «Seigneur, prends-moi auprès de Toi. La douleur est trop grande.» Il ne supporte plus la souffrance. Peu de temps auparavant, il a été attaché et torturé, parce qu’il avait choisi de suivre Jésus.
Vivre sous le regard des ancêtres
Petros appartient aux Hamar, un peuple d’Éthiopie attaché à l’une des religions traditionnelles africaines. Dans les régions reculées du pays, des communautés, dont celle de Petros, vivent encore selon ces croyances. Pour elles, le monde matériel et le monde spirituel ne font qu’un: ancêtres et esprits sont présents dans la vie quotidienne. Maintenir l’harmonie avec eux est une responsabilité collective.
Dans ce contexte, se tourner vers Jésus est bien plus qu’un changement de religion. Aux yeux de la tribu, c’est rompre l’harmonie avec les ancêtres et attirer leur colère sur tout le groupe. Pour protéger la communauté, le converti doit être puni ou exclu.
Six ans de rituels, puis une prière
Mama Alemu a grandi dans la même tribu que Petros. Quand sa mère est tombée gravement malade, sa famille a consulté la sorcière du village, comme le voulait la tradition. Aucun rituel, aucun sacrifice n’a pu la guérir. Six ans plus tard, un chrétien est passé dans leur village. «Il a regardé ma mère et a dit: “Si elle accueille Jésus dans sa vie, elle sera guérie”», raconte Mama Alemu.
Son père s’y est d’abord opposé. Alors, en secret, Mama Alemu a emmené sa mère voir le chrétien pour qu’il prie pour elle. Elle a été complètement guérie. Mais pour le jeune homme, suivre Jésus a eu un prix: battu à coups de machette et menacé de mort, il a été chassé du village par son propre père.
Retourner vers ceux qui l’avaient frappé
Ni Petros ni Mama Alemu ne se sont laissé réduire au silence.

Une fois ses blessures cicatrisées, Petros est retourné vers ceux qui l’avaient frappé pour leur annoncer l’Évangile. «Puisque Jésus lui-même a été persécuté, je me suis dit: “Moi aussi, je sortirai vainqueur”», explique-t-il. Aujourd’hui, certains de ses anciens persécuteurs sont devenus chrétiens.
«La persécution ne m’a pas arrêté, elle m’a poussé en avant.»
— Petros
Lorsque l’équipe de Portes Ouvertes les a rencontrés, Mama Alemu et Petros ont montré leur dos couvert de cicatrices. Pour Mama Alemu, ces marques sont un rappel: «Quand je pense aux coups de fouet, je me souviens que Jésus est mort pour moi en premier. C’est la chair qui souffre, l’âme ira auprès du Seigneur après la mort. C’est avec cette certitude que nous évangélisons.»
Longtemps considérées comme primitives, les religions traditionnelles africaines se présentent aujourd’hui sous une forme mo...