La zone d’Arsi, en Éthiopie, a de nouveau été frappée par la violence. La semaine dernière, au moins 60 chrétiens orthodoxes ont été tués lors de plusieurs attaques menées par des groupes armés dans les districts de Merti et de Shirka. Des habitations ont également été incendiées et des commerces détruits. Parmi les victimes figurent des femmes, des enfants et des personnes âgées.

Les chrétiens visés par des attaques répétées

Ces violences s’inscrivent dans une série d’attaques qui touchent la région depuis plusieurs années. En février dernier, des hommes armés ont fait irruption dans un marché et une église, tuant plus de 20 chrétiens ainsi qu’un gardien musulman.

Puis, quelques mois plus tard, en mai, au moins 12 chrétiens ont été tués dans une communauté majoritairement musulmane. Des biens appartenant aux victimes ont été incendiés, tout comme l’église Saint-Gabriel de Telata, vieille de 101 ans. Plus de 280 personnes ont été déplacées à la suite de ces événements.

Qui sont les responsables?

Interrogée par l’AFP, l’organisation Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), spécialisée dans l’analyse des conflits, estime que ces violences pourraient avoir une motivation religieuse et avoir visé spécifiquement les chrétiens. L’ONG s’appuie notamment sur des informations faisant état du pillage d’une église.

Toujours selon l’ACLED, les attaques contre les chrétiens orthodoxes dans la région auraient augmenté depuis février 2023, avec une intensification des violences au cours de l’année écoulée.

À ce jour, ni les autorités ni l’Église orthodoxe éthiopienne n’ont identifié ou désigné de groupe responsable de ces dernières attaques.

Une région marquée par des tensions politiques, ethniques et religieuses

Ces attaques s’inscrivent dans un contexte de conflits qui touchent plusieurs régions d’Éthiopie. Dans le nord du pays, le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) affronte le gouvernement fédéral et a rejoint l’Alliance pour la survie, une coalition de sept groupes qui cherche à renverser le Premier ministre Abiy Ahmed, d’origine oromo. 

En Oromia, l’Armée de libération oromo (OLA) combat également le gouvernement, principalement pour obtenir l’autodétermination et l’autonomie politique du peuple oromo.

À ces conflits politiques s’ajoutent des tensions ethniques et religieuses. Selon le média The Africa Report, de nombreux Oromos associent à tort le christianisme orthodoxe à l’ethnie amhara, alors que cette confession est également présente parmi les Oromos, les Tigréens et les Gouragués. Les Amharas peuvent ainsi être visés à la fois pour leur origine ethnique et leur foi orthodoxe.

Ces tensions, liées à des facteurs historiques, politiques et culturels, ont été aggravées par les évolutions politiques récentes du pays.

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