«La croix m’apporte la paix.» Tout petit déjà, Rayan (pseudonyme) prononçait ces mots. Aujourd’hui âgé de 8 ans, il grandit en Iran, entre deux mondes où la foi chrétienne n’occupe pas la même place.

Sa mère s’est convertie au christianisme, mais son père ne partage pas sa foi. S’il respecte les convictions de son épouse et ne s’oppose pas au christianisme, il souhaite laisser son fils faire ses propres choix concernant Dieu.

Du côté de Rayan, son intérêt pour Jésus n’a cessé de grandir. Sa mère se souvient notamment d’un moment où, alors qu’ils priaient avec quelques autres chrétiens, le garçon a spontanément posé une main sur sa tête et l’autre sur son propre cœur, avant de prier pour elle. Personne ne lui avait demandé de le faire.

«C’est l’un de ces moments où l’on réalise que Dieu prend lui-même soin d’un enfant, raconte-t-elle. En Iran, les enfants chrétiens ont très peu d’occasions de découvrir ouvertement Jésus, mais Dieu a ses propres moyens de les rejoindre.»

Cette foi, que Rayan découvre et exprime naturellement auprès de sa mère, il doit pourtant apprendre à la vivre autrement dès qu’il quitte la maison.

À l’école, apprendre à garder sa foi pour soi

Avant d’être scolarisé, Rayan avait l’habitude de prier avant les repas, d’écouter des chants de louange et de parler de Jésus avec sa mère. Mais son entrée à l’école l’a confronté à une autre réalité.

Comme ses camarades, il doit suivre des cours obligatoires d’enseignement islamique. Il découvre ainsi un environnement où les croyances enseignées sont très différentes de celles qu’il connaît à la maison. Surtout, il comprend rapidement que certaines choses sont plus prudentes à garder pour soi.

En Iran, de nombreux parents chrétiens apprennent discrètement à leurs enfants à ne pas parler ouvertement de leur foi à l’école. Ils leur recommandent de faire attention à leurs paroles, de ne pas évoquer les activités de leur église et de ne pas attirer l’attention sur leur identité chrétienne. Mais comment comprendre ces précautions lorsqu’on n’a que 8 ans?

«Rayan essaie constamment de comprendre le monde qui l’entoure. Il demande: “Pourquoi ne peut-on pas dire aux gens que nous sommes chrétiens?”», explique sa mère.

Grandir dans la foi malgré les restrictions en Iran

Pour la mère de Rayan, élever un enfant chrétien dans un tel environnement demande beaucoup de sagesse et de patience. Faute de pouvoir s’appuyer sur des programmes d’église ou des activités chrétiennes publiques, elle lui transmet l'essentiel de sa foi à la maison, au fil des conversations, des prières et des exemples du quotidien.

Les périodes de restrictions d’Internet et de pression accrue sur les communautés chrétiennes, comme récemment à la suite des manifestations qui ont secoué le pays, rendent les possibilités de communion fraternelle encore plus rares.

«Il n’existe aucun endroit sûr où ces enfants peuvent vivre librement leur foi», déplore-t-elle. Une réalité qui prend une dimension particulière à l’approche de Noël.

Un Noël qui se célèbre dans la discrétion

À Noël, en Iran, les familles se retrouvent généralement chez elles, autour d’un repas simple, de quelques cadeaux, de prières et de conversations sur la naissance de Jésus. Des enfants comme Rayan grandissent ainsi en sachant qu’ils ne peuvent pas célébrer cette fête ouvertement, comme le font tant d’autres enfants dans le monde.

Cette discrétion n’est pas seulement une précaution. Lors des grandes fêtes chrétiennes, la surveillance des autorités et les pressions sur les communautés chrétiennes s’intensifient souvent.

Et pourtant, ni ces restrictions ni les incertitudes qui entourent son quotidien n’ont diminué l’enthousiasme de Rayan à l’approche de Noël. Pour lui, cette fête ne se résume pas aux cadeaux ou aux décorations. Elle lui rappelle avant tout que Jésus est venu dans un monde troublé pour apporter l’espérance: 

«Quand tout autour de nous semble incertain, Noël nous rappelle que Dieu ne nous a pas oubliés.»
— Rayan

Face aux épreuves, ne pas rester seuls

Dans un pays où l’avenir reste incertain, ce message revêt une importance particulière. De nombreuses familles chrétiennes continuent ainsi de prier pour la paix, la liberté et un avenir meilleur pour l’Iran.

Mais si la foi représente une source de réconfort, les épreuves traversées par ces familles laissent aussi des traces. C’est pourquoi un accompagnement adapté est essentiel.

Aujourd’hui, Rayan et sa mère bénéficient d’un soutien proposé par les partenaires de Portes Ouvertes pour les aider à surmonter leurs traumatismes. À travers des formations et des outils pratiques, ils apprennent à mieux comprendre la peur, l’anxiété, les traumatismes et les mécanismes de résilience.

«Cela les aide à prendre conscience qu’ils ne sont pas seuls, explique un partenaire de Portes Ouvertes. Ils disposent ainsi d’outils pour comprendre ce qu’ils traversent et continuer à avancer avec espérance.»

À l’approche de Noël, Rayan et sa mère ont une demande simple: que les chrétiens du monde entier se joignent à leurs prières. «S’il vous plaît, priez pour la paix en Iran. Priez pour que les familles chrétiennes qui élèvent leurs enfants dans des circonstances difficiles reçoivent de la force. Puissions-nous un jour suivre Jésus ouvertement et célébrer notre foi, ainsi que Noël, sans crainte.»

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