Depuis le 18 février 2026, une décision de la Cour suprême indienne garantit l’accès aux cimetières publics aux défunts de toute religion. Cette décision est intervenue parce qu’un nombre croissant de dépouilles chrétiennes dans l’État du Chhattisgarh ont été exhumées par les villageois pour forcer les familles à les enterrer à nouveau ailleurs, bien plus loin. L’arrêt de la Cour suprême devrait mettre fin à ces pratiques.

«C’est un développement de l’affaire très intéressant et certainement bienvenu», se félicite Anna Hill, responsable du plaidoyer pour Portes Ouvertes International. La fédération United Christian Forum for Human Rights (UCFHR) y voit «une étape fondamentale dans la protection de la dignité des défunts» chrétiens.

«Cet arrêt est un pas indispensable vers le respect des droits religieux et culturels des communautés chrétiennes.»
— United Christian Forum for Human Rights

Malgré cette décision historique, sur le terrain, de nombreuses familles chrétiennes sont toujours empêchées d’enterrer leurs morts. Le 24 février, soit six jours après l’arrêt de la Cour suprême, un homme a été menacé et empêché d’inhumer sa femme, décédée à l’âge de 34 ans, dans le cimetière communal. Il a porté plainte et, pour ne pas laisser la dépouille à la morgue, il a fini par l’enterrer le 3 mars dans un cimetière chrétien à 200 km de chez lui.

Vingt chrétiens arrêtés

Résultat: la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les droits humains, Nazila Ghanea, s’inquiète pour le respect de la liberté de religion et de croyance en Inde. Dans un rapport rendu le 3 mars, elle demande «le respect, la protection, l’accomplissement et la promotion des droits funéraires».

Mais sur le terrain, la situation semble évoluer en sens inverse. En plus des problèmes liés aux funérailles des chrétiens, de plus en plus d’États en Inde adoptent des lois anticonversion. Dans la réalité, ces lois ne servent qu’à limiter ou empêcher la liberté de culte des chrétiens. 

Le 1er mars, dans l’État du Karnataka, vingt chrétiens ont été arrêtés lors d’une réunion de prière au domicile de l’un d’entre eux. Ils ont été accusés de conversions forcées par des extrémistes hindous, sur le motif qu’ils donneraient de l’argent et d’autres avantages en nature à ceux qui se convertissent.

De nouvelles lois anticonversion

Le 5 mars, l’État du Maharashtra a préadopté une loi anticonversion punissant de 7 ans de prison toute conversion illégale. L’État du Chhattisgarh a fait de même le 10 mars. 

Notre partenaire sur place, Priya Sharma (pseudonyme) est inquiète: «Certes, l’intervention de la Cour suprême est importante car elle protège les droits constitutionnels de tout individu indépendamment de son identité religieuse. Mais l’accusation portée contre les croyants au Karnataka révèle une tendance à criminaliser les réunions de prière. Quant aux lois anticonversion, on s’inquiète qu’elles soient utilisées pour intimider ou harceler les chrétiens et les autres minorités religieuses.»