Depuis son adolescence, Beatriz (pseudonyme) rêvait de partager l’Évangile. Elle n’aurait jamais imaginé que ce désir la conduirait dans la région du Mexique la plus fermée à l’Évangile: le «cercle du silence». Une région où des pratiques à la croisée des croyances indigènes traditionnelles et du catholicisme se sont imposées.

Une menace venue de l’ombre

La première attaque n’a pas été physique: elle était spirituelle. Un jour, alors qu’elle priait, Beatriz a entendu quelque chose de terrifiant. «J’ai entendu une voix: c’était Satan. Il m’a dit: “Quitte cet endroit.” Je pense que Dieu m’a permis d’entendre sa voix pour que je comprenne qu’il s’agissait d’une guerre spirituelle.»

Dans le «cercle du silence», l’Évangile s’annonce à voix basse.

Quelques semaines plus tard, son mari Marcos (pseudonyme) et leur fille ont subi la même attaque. «Une nuit, il y a eu une fusillade, explique Beatriz. Nous avons dû nous cacher avec nos enfants. Mon mari a entendu la même voix que moi: “Alors, vas-tu partir?” Quelques secondes plus tard, notre fille a répété exactement ces mêmes mots. Nous avons compris que l’ennemi ne reculerait pas. Nous non plus.»

Quand partir n’est pas une option

Puis la persécution est devenue physique. Un voisin, méfiant envers la foi de Beatriz et Marcos, a empoisonné leurs animaux. Leur fille de deux ans est entrée en contact avec le poison et a failli mourir.

Ce jour-là, la foi de Beatriz s’est fortifiée. «Mon mari était anéanti, raconte Beatriz. Il a dit que nous avions peut-être commis une erreur en venant ici. Je ne sais pas d’où ma force est venue, mais je l’ai regardé et je lui ai dit: “Même si notre bébé meurt, nous resterons, parce que Dieu nous a appelés ici.” Cela ne pouvait être que le Saint-Esprit.» Quelques heures plus tard, leur fille était hors de danger.

«C’était une épreuve de foi, mais Dieu a été fidèle.»
— Beatriz

Servir dans le «cercle du silence» demande sagesse et courage. «Au moment où vous mentionnez Jésus, la persécution commence. Il faut avancer avec discernement, dans la prière», explique Marcos. «L’ennemi est furieux que nous soyons ici, mais nous avons choisi d’obéir à Dieu, quel qu’en soit le prix», ajoute Beatriz.

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Semer l’espérance au cœur du silence

Face à l’hostilité croissante, Beatriz a vu son appel prendre une nouvelle dimension dans le ministère partagé avec Marcos. Le couple a ouvert une petite école pour enseigner aux enfants la lecture, l’écriture et les mathématiques, ainsi que la musique et le sport. Beatriz s’est mise à discuter avec les mères qui venaient chercher leurs enfants: «Dieu m’a donné une stratégie: créer des liens d’amitié et manifester Son amour à travers mon témoignage. Cela a ouvert leurs cœurs.»

Pour les femmes du groupe de Beatriz, ces rencontres ont été l’occasion de découvrir qui elles sont en Christ.

Ce qui avait commencé par de simples conversations discrètes s’est transformé en une communauté grandissante de femmes lisant les Écritures et découvrant leur force et leur valeur aux yeux de Dieu.

«Dieu m’a montré que mes blessures pouvaient apporter la guérison aux autres.»
— Beatriz

Dans une région où la valeur des femmes peut être niée et où les chrétiennes sont encore plus exposées à la persécution, des vies sont relevées par la grâce de Dieu. Mais les risques demeurent constants. Certaines participent aux rencontres en secret; d’autres cachent entièrement leur intérêt pour la foi chrétienne.

Porter ce ministère, ensemble

En 2024, Portes Ouvertes a commencé à collaborer avec Beatriz et Marcos, en leur offrant une formation et un soutien financier pour les aider à vivre leur appel. Cette formation a fortifié non seulement leur propre foi, mais aussi leur capacité à accompagner d’autres croyants. Le soutien financier les a aidés à couvrir leur loyer et à aménager le lieu où les femmes se réunissent.

Beatriz avec les ressources de préparation à la persécution proposées par Portes Ouvertes.

«Mon mari et moi remercions ceux qui nous soutiennent et nous leur demandons de continuer, explique Beatriz. Nous avons besoin de davantage d’ouvriers de Dieu dans cette région, où l’Évangile doit être proclamé.»

Par vos dons et vos prières, vous permettez à des femmes comme Beatriz de soutenir l’Église là où elle est le plus fragile.