Makalondi, seul village chrétien au Niger, est à l’abandon depuis une attaque djihadiste en février dernier.
Makalondi était le seul village à majorité chrétienne du Niger, pays où l’islam est la religion principale.
Malheureusement, après des attaques en février 2026, presque tous les chrétiens de Makalondi ont fui. Le village est désormais aux mains de djihadistes. «La peur, la panique et l’incertitude dominent les cœurs des gens», raconte l’un de nos partenaires sur place.
«Les gens ont tellement peur qu’ils refusent de dormir dans leur propre maison.»
Les attaques djihadistes ont touché quelque 60 chrétiens: 33 commerces tenus par des chrétiens ont été brûlés et 32 maisons de chrétiens ont également été détruites, avec toute la nourriture qu’elles contenaient.
Il n’a fallu aux attaquants qu’une seule heure pour réduire en cendres ce qui appartenait aux habitants de ce village. Ils se sont également attaqués au poste militaire sur place et au poste de police. Résultat: les civils ne pouvaient pas compter sur les forces de l’ordre, mises hors-jeu, pour les défendre.
22 chrétiens assassinés
Ces récentes attaques de février 2026 viennent noircir un tableau déjà sombre l’année précédente. Le Niger est actuellement au 26ᵉ rang de l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens.
En 2025, Portes Ouvertes y a recensé 22 assassinats de chrétiens et 109 fermetures d’églises. Ces violences antichrétiennes s’inscrivent dans un contexte de conflit armé, ayant fait près de 2.000 morts au Niger en 2025, dont 1.300 uniquement dans la région de Tillabéri, où se trouve le village désormais fantôme de Makalondi.
Toutes ces violences confondues sont le fait d’hostilités entre milices locales ennemies, mais aussi de combattants du groupe État islamique et de groupes djihadistes ayant prêté allégeance à al-Qaïda. Tous sont combattus par l’armée régulière du Niger qui tente, tant bien que mal, d’éviter le chaos.