Alors que la guerre entre les Forces de soutien rapide (RSF) et les Forces armées soudanaises (SAF) dévaste désormais le Soudan depuis plus de trois ans, le bilan humain se révèle terrible: près de 400.000 personnes ont été tuées. Les crimes contre l’humanité se multiplient et les violences sexuelles sont utilisées comme armes de guerre.

Il s’agit de laplus grande crise de déplacement au monde, avec plus de 11 millions de personnes déplacées, dont plus de 4 millions ont fui vers le Tchad, l’Éthiopie et le Soudan du Sud. L’Organisation des Nations unies (ONU) rapporte que la situation humanitaire est désastreuse, face au manque de soutien international et aux besoins en aide humanitaire monumentaux.

«La plus grande catastrophe humanitaire de notre époque est en train de se dérouler devant nos yeux», a déclaré récemment la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock. Et il n’y a toujours pas de fin en vue.

Former et encourager malgré les obstacles

Les équipes de Portes Ouvertes sont récemment parvenues à entrer en contact avec Tariq (pseudonyme), qui formait de jeunes responsables d’église avant le début de la guerre.

Depuis, ce travail important a été partiellement interrompu, mais Tariq reste inflexible dans sa mission. «Nous ne pouvons pas rester là sans rien faire, explique Tariq. J’essaie de travailler avec les réfugiés dans l’endroit où je vis maintenant. Ils vivent dans des camps et ont besoin d’aide et d’encouragements.»

Ces communautés luttent quotidiennement pour se procurer de la nourriture, de l’eau potable et un abri. Parmi elles se trouvent également des croyants d’origine musulmane qui ont besoin d’une formation de disciple.

Tariq annonce la Parole de Dieu lors de ses déplacements. «Avec le peu de ressources que nous avons, nous organisons parfois des formations pour la jeune génération. Nous essayons d’être présents auprès d’eux et de les encourager avec la Parole de Dieu.»

Un défi quotidien pour les chrétiens soudanais

Rafat Samir, responsable d’église soudanais, affirme que l’insécurité persistante reste le plus grand défi pour les chrétiens. «De plus en plus de zones sont touchées par les conflits. La souffrance de la guerre y frappe les églises qui s’y trouvent», explique Rafat.

De nombreux chrétiens ont fui et luttent désormais pour leur survie dans le nord, où ils sont confrontés au manque d’emplois. Ceci les place dans une position de précarité: ils se retrouvent ainsi particulièrement exposés aux pressions des groupes armés et des milices qui cherchent à les recruter.

Beaucoup de ceux qui n’ont pas été tués par les tirs sont morts faute de nourriture, de médicaments et d’accès aux soins médicaux qui, lorsqu’ils sont disponibles, sont souvent inabordables.

Aux côtés des chrétiens dans l’épreuve

En raison de la guerre, les églises ne peuvent pas fonctionner normalement. Certains groupes armés cherchent d’ailleurs à se saisir des églises dans les régions clés. Bien que les chrétiens ne soient pas spécifiquement pris pour cible par les Forces de soutien rapide ou les Forces armées soudanaises, ils sont souvent les derniers à recevoir l’aide humanitaire et ils subissent des pressions à prendre parti.

Grâce à vos prières et à votre soutien, les partenaires locaux de Portes Ouvertes ont pu encourager de nombreuses personnes et leur fournir un soutien d’urgence. À la fin de l’année 2025, plus de 1.300 familles à travers tout le Soudan ont reçu une aide matérielle. Cette aide a été distribuée aux plus démunis, notamment aux veuves, aux personnes handicapées, aux enfants chefs de famille et aux responsables d’église en difficulté.

«Nous sommes profondément reconnaissants que vous soyez à nos côtés en cette période terrible, déclare l’un de nos partenaires. Votre générosité a non seulement soulagé des besoins concrets, mais elle a aussi renforcé notre foi, suscité l’espoir et montré à de nombreux croyants qu’ils ne sont pas seuls.»

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