Afghanistan, Iran… Là où être une femme entraîne des discriminations et où la foi chrétienne entraîne des persécutions, les femmes chrétiennes souffrent d’une double vulnérabilité et sont invisibilisées. Il est urgent de défendre le droit des femmes à la liberté de pensée, de conscience et de religion.

Afghanistan : un effacement progressif des femmes

Depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, les droits des femmes n’ont cessé de rétrécir. Elles sont exclues de l’éducation, de l’emploi, de la vie publique… et tout récemment de la protection contre les violences conjugales (nouveau code pénal). Alors que les femmes sont effacées de la société et que les talibans clament qu’il n’y a « aucun chrétien en Afghanistan », la situation des femmes converties au christianisme est critique. Samira (pseudonyme), chrétienne afghane, témoigne :

« Être secrètement chrétienne en Afghanistan, c’est marcher sur le fil du rasoir. C’est une vie de souffrances et de précautions, mais aussi d’espoir et de force. »

Des vies brisées pour une foi intacte

Ariana (pseudonyme), une Afghane chrétienne réfugiée en Asie centrale, vit dans la peur permanente d’être expulsée vers son pays d’origine, où elle risquerait la mort. Ses enfants sont également menacés et les discriminations compliquent son accès au logement et à la stabilité. 

Son parcours illustre la réalité de nombreuses femmes chrétiennes confrontées à la violence, au rejet familial, aux mariages forcés et à l’exclusion sociale. Portes Ouvertes accompagne ces femmes par un soutien psychologique et spirituel, des formations professionnelles, une aide d’urgence et la création d’espaces sûrs.

Érythrée, Iran, Nigéria : emprisonnées ou enlevées pour leur foi

En Érythrée, certaines femmes sont arrêtées et détenues dans des conditions extrêmes. Hiwot (pseudonyme), emprisonnée après avoir rejoint une église évangélique, a passé près de dix ans dans un conteneur métallique, exposée à une chaleur intense et privée de soins. Ces pratiques visent à briser la foi et l’identité des femmes chrétiennes.

En Iran, les converties au christianisme sont régulièrement surveillées, arrêtées ou condamnées à de longues peines de prison. L’année dernière, l’Iran avait rendu publique la condamnation de Narges Nasri, 37 ans et enceinte de son premier enfant, à 16 ans de prison pour ses activités chrétiennes… le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes ! Quel sera le sort des femmes chrétiennes à l’issue de la guerre ?

Au nord du Nigéria, les chrétiennes sont particulièrement exposées aux enlèvements, aux mariages forcés et aux violences de groupes extrémistes. Leah Sharibu est devenue un cas emblématique : cette jeune fille capturée à 14 ans en 2018 dans une école à Dapchi (État de Yobé) est la seule des 110 captives à ne pas avoir été relâchée, car la seule à s’être identifiée comme chrétienne auprès des terroristes d’ISWAP (État islamique).

Liberté religieuse et droits des femmes : un combat commun

La persécution des femmes se déroule souvent dans la sphère privée, à l’abri des regards : mariages forcés, violences domestiques, assignation à domicile, pressions familiales (perte de la garde des enfants, perte d’héritage…). Cette souffrance silencieuse reste largement méconnue.

À l’occasion du 8 mars, Portes Ouvertes rappelle que la liberté de pensée, de conscience et de religion est un droit fondamental. Pourtant, des millions de femmes en sont privées.

Protéger la liberté religieuse, c’est aussi protéger les droits des femmes.

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