Algérie

La petite minorité chrétienne doit rester très discrète et fait face à de multiples pressions de la part de l’Etat et de la société.

Contexte

algérieLe régime est resté en place malgré les grandes manifestations du Printemps arabe (2011). Le président Bouteflika a été réélu en 2014 pour un 4ème mandat (la Constitution n’en autorise que 2) avec l’aide des partis islamistes.

L’Algérie est de plus en plus le théâtre de violences, orchestrées par des mouvements islamistes, notamment par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Al-Qaïda fait pression sur le gouvernement pour qu’il adopte une législation plus proche des principes islamiques, au détriment de la petite minorité chrétienne. Les islamistes sont de plus en plus visibles et ils surveillent les activités des chrétiens.

Ces derniers temps, la politique algérienne a été marquée par une forte instabilité. Malgré tout, la persécution à l’égard des chrétiens reste constante. D’après les responsables d’églises, la pression que subissent les chrétiens s’est même intensifiée et autour d’eux de nombreuses portes se ferment.

Sources de persécution

En Algérie, la persécution est principalement le fait de l’extrémisme radical, puis, dans une moindre mesure du totalitarisme du pouvoir et de la corruption.

Des mouvements islamiques radicaux font pression sur le gouvernement et la société. Les familles, à leur tour, font pression sur les chrétiens d’origine musulmane pour qu’ils renient leur foi ce qui entraîne une dégradation de la situation des chrétiens dans le pays.

La loi interdit les rassemblements publics dont l’objet est « la pratique d’une foi autre que musulmane ». Les églises se voient souvent refuser la reconnaissance officielle qui leur permettrait de fonctionner légalement. L’extrémisme islamique est présent sur l’ensemble du territoire et pèse sur la vie privée, familiale, sociale, civile et ecclésiale des chrétiens.

Informations sur la minorité chrétienne

  • Depuis l’entrée en vigueur de l’ordonnance 06-03 de février 2008, qui restreint la liberté religieuse, le gouvernement n’a autorisé la construction d’aucune nouvelle église. En conséquence, beaucoup de chrétiens se réunissent les uns chez les autres ou dans des bureaux, formant ainsi des « églises de maison » illégales. Certains de ces groupes se réunissent ouvertement alors que d’autres sont obligés de le faire secrètement.
  • En 2011, l’Eglise Protestante d’Algérie (EPA) avait enfin obtenu un statut officiel, or ce qui semblait être une bonne nouvelle est vite devenu une déception. On ne sait pas exactement ce qui a motivé le gouvernement à reconnaître l’EPA en tant que Conseil des Eglises protestantes, mais il est probable qu’il ait seulement voulu faire bonne impression aux yeux de la communauté internationale. Cette reconnaissance officielle n’a pas débouché sur davantage de liberté et au niveau local, chaque église doit tout de même se battre pour obtenir sa propre autorisation de fonctionnement.
  • L’Eglise protestante d’Algérie a été fondée il y a 40 ans. Aujourd’hui elle compte 39 églises. On compte aussi une dizaine d’églises indépendantes protestantes. La plupart des membres de ces églises sont Algériens.
  • On compte entre 30 et 35 000 protestants et 5000 catholiques.