Passer du groupe Wagner à Africa Corps en 2025 n’aura pas enrayé la dégradation de la situation sécuritaire : des pans entiers du territoire sont désormais contrôlés par des groupes terroristes, comme JNIM (al-Qaïda) et EIGS (Daech), qui resserrent progressivement leur étau sur Bamako. Autrefois symbole de tolérance religieuse, le Mali est au point de bascule.
Par le passé réputé pour sa relative tolérance, le Mali ne parvient pas à contrer la menace islamiste (notamment liée à Al-Qaïda) qui descend du Nord vers le Sud depuis 2012. Le pays s’est retiré du G5 Sahel et de la CEDEAO, la mission de l’ONU au Mali a été poussée vers la sortie ; la position du groupe Wagner s’est renforcée. La Constitution de 2023 reste laïque.
Dans les régions contrôlées par JNIM ou EIGS, devenues des zones mixtes de non-droit et de charia, les chrétiens sont la cible de violences, d’exécutions, d’enlèvements, forçant certains à fuir. Les églises sont incendiées et les écoles chrétiennes fermées. Dans le Sud et à Bamako, les chrétiens gardent un espace, néanmoins limité, de liberté de culte.
Les convertis de l’islam au christianisme sont les plus à risque, rejetés par leurs familles et pris pour cible par les extrémistes.
«Quelqu’un de ma famille [musulmane] ne pourra jamais devenir chrétien. Ils m’ont donc demandé de renier Jésus-Christ. Mes parents m’ont abandonnée, me laissant tranquille.»— Hawa (pseudonyme), chrétien du Mali.
C’est dans le nord du pays que les djihadistes et les militants peuls rencontrent le plus d’opposition à leur foi. Il existe également des poches de persécution intense dans le sud du Mali, où les chrétiens sont marginalisés. Les convertis de l’islam sont ceux qui subissent le plus de persécutions pour leur foi.
Portes Ouvertes travaille par l’intermédiaire de partenaires ecclésiastiques locaux au Mali pour fournir des formations à la survie en matière de persécution, des programmes de formation de disciples et des projets d’autonomisation économique.