République centrafricaine

Dans la crise actuelle que traverse la Centrafrique, ce sont les chrétiens, quelle que soit leur dénomination, qui sont les plus vulnérables.

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Même si les combats se sont calmés depuis le déploiement de troupes internationales sous mandat de l’ONU, l’insécurité règne dans le pays. La situation demeure catastrophique. Villages vidés de leurs habitants, barrages routiers sous tension… les violences et la persécution sont palpables.

Si les Sélékas ont été officiellement dissous et qu’une aide militaire internationale a été autorisée par l’ONU, des groupes de rebelles ont continué à commettre des atrocités.

Dans un communiqué publié le 27 avril 2015, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés estime que 2,7 millions de personnes ont été touchées par la violences et ont encore besoin d’aide. Parmi elles, 900 000 qui ont été déplacées par les combats.

Sources de persécution

En Centrafrique, la persécution est liée tout d’abord à l’extrémisme islamique, incarné par les rebelles de la Séléka qui font preuve d’une extrême violence envers les chrétiens. Depuis le début de la rébellion, les églises ont été profanées, les chrétiens ont été violés, dépouillés de tout, enlevés, torturés, assassinés.

La corruption qui règne dans le pays joue aussi un rôle non négligeable dans la persécution qui touche les chrétiens centrafricains.

Dans la crise actuelle que traverse la Centrafrique, ce sont les chrétiens, quelle que soit leur dénomination qui sont les plus vulnérables. Tout ce qui leur appartient est une cible potentielle pour la Séléka. Jamais auparavant, les chrétiens du pays n’avaient subi un tel niveau de violence.

Historique de la situation

Michel Djotodia s’est auto-proclamé président au mois de mars 2013 après avoir renversé le régime de son prédécesseur, François Bozizé. Pour cela, il a fait appel à une coalition de groupes armés, la Séléka. Cette force se compose à 80 % de musulmans tchadiens et soudanais. Très bien armée, elle a pris le contrôle du pays.

Pendant sa progression dans le pays et depuis sa prise de pouvoir, le 24 mars 2013, la coalition Séléka s’illustre particulièrement par des violations massives et sans précédent des droits humains : pillages à grande échelle, incendies de villes et villages etc. Des églises et institutions chrétiennes ont été profanées, des prêtres et des pasteurs ont subi des violences, certains ont été assassinés. Des femmes ont été violées collectivement. Parmi elles, des religieuses.

Cette coalition de rebelles ne prône pas officiellement l’islamisation du pays mais elle est composée en majorité de musulmans centrafricains et étrangers (des mercenaires tchadiens et soudanais) et tout au long de sa progression, elle a ravagé en priorité les églises et les maisons de chrétiens ainsi que des bâtiments officiels du gouvernement.

Quant aux milices anti-balaka, qualifiées à tort de milices chrétiennes, composées de civils, anciens soldats ou fermiers, qui ont pris les armes pour se défendre, elles ont aussi parfois attaqué les chrétiens. Les responsables des églises de Centrafrique se sont clairement distancés des violences perpétrées par ces milices.

Alors que la communauté internationale a été lente à offrir toute l'assistance, la Fomac, la Force multinationale des Etats d’Afrique centrale s’est révélée incapable de protéger les civils et de rétablir l'ordre. C’est pourquoi l’Église de Centrafrique a lancé le 6 octobre 2013 un appel à la communauté internationale, lui demandant de « briser l’indifférence »

Le 5 décembre 2013, par la résolution 2127, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise à l'unanimité le « déploiement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA). La France intervient en appui à cette opération.

Informations sur les chrétiens

Comme dans plusieurs pays d’Afrique, la cohésion du pays repose en grande partie sur l’Église. Les chrétiens représentent 80% de la population (15% de musulmans et 5% d’animistes).