Somalie

Les chrétiens et leurs églises font l’objet d’une campagne d’éradication. Toute trace de christianisme doit disparaître.

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Contexte

En 2014, le conseil de sécurité de l’ONU a prolongé le mandat de la mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) et les extrémistes shebabs ont continué à se retirer des principales villes du pays. Ils avaient été chassés de Mogadiscio en 2011 puis de Kismayo, leur forteresse côtière 2012.

Face à un gouvernement fédéral faible et corrompu, les islamistes shebabs restent présents. Ils ont migré dans les zones rurales du centre méridional du pays ou dans les pays voisins. La probabilité de les voir réapparaître sous une forme encore plus forte n’est pas à exclure car ils ont le soutien d’autres groupes terroristes bien établis. De plus, l’organisation terroriste s’est également implantée au Nord-Est du Kenya, d’où elle lance des attaques contre les Somaliens installés au Kenya et organise des attentats contre les non-Somaliens dans leur « pays d’accueil ».

La société somalienne est une société tribale où les différents clans exercent une forte influence sur le gouvernement. Les groupes extrémistes tels les shebabs utilisent ces clans pour renforcer leur position au sein de la société somalienne.

Sources de persécution

En Somalie, la persécution est principalement le fait de l’extrémisme islamique et des rivalités ethniques, puis, en second lieu, des systèmes de corruption.

La persécution est très sévère en Somalie. Les chefs religieux musulmans affirment publiquement que le christianisme n’a pas sa place dans le pays et cherchent à en éliminer tous les chrétiens et toutes les églises. Ceci est d’ailleurs stipulé clairement dans la Constitution et les autres lois du Somaliland, (la Somalie et le Pountland) où l’islam a le statut de religion d’Etat et où le christianisme est banni de la vie publique.

Les chrétiens subissent de fortes pressions dans leur vie privée, familiale, sociale, civile et ecclésiale. Ils doivent vivre leur foi dans le secret et n’en parler ni à leur famille proche ni à leur clan car d’une part la famille rejetterait le converti mais elle craindrait d’être aussi suspectée d’être chrétienne. Si la foi d’un chrétien est découverte il risque d’être agressé par sa famille, son clan, les autorités ou les milices.

Il est peu probable que la situation des chrétiens s’améliore à l’avenir, elle pourrait même empirer si la communauté internationale décide de ne plus soutenir le pays.

Informations sur la minorité chrétienne

En 1886, une mission catholique française et une mission luthérienne suédoise ont ouvert des missions dans la ville portuaire de Berbera, située à l’époque dans le protectorat britannique du Somaliland, ainsi qu’à Mogadiscio et à Kismayo. Les conversions ont été nombreuses et l’Église a grandi rapidement.

Sheik Sayid Mohammed a suscité le fondamentalisme musulman au Somaliland. Quelques décennies plus tard, l’Église avait diminué. Les chrétiens étaient soit assassinés, soit obligés de renier leur foi et de se convertir à l’islam, soit chassés du pays.

En 1969, le gouvernement militaire socialiste du président Mohamed Siad Barre est arrivé au pouvoir et a confisqué tout ce qui appartenait aux missions chrétiennes et aux églises, notamment les écoles et les cliniques. Quand ce gouvernement a été chassé du pouvoir en 1991, les organisations musulmanes intégristes se sont renforcées.

Aujourd’hui, il ne subsiste que les ruines des anciennes églises. Les chrétiens se réunissent dans de petites églises de maison réparties dans l’ensemble du pays.

La Mission somalienne a estimé qu’en 2012, la diaspora somalienne comptait 2085 chrétiens protestants répartis sur 11 pays.