Un simple incident a déclenché une émeute dans le village d’Égypte où vit Ramez, un chrétien d’un âge vénérable. Les extrémistes musulmans locaux ont estimé que les chrétiens avaient insulté l'islam. Comment répondre à la violence sinon par des armes spirituelles?

Face à la violence…

«Dès que les extrémistes ont eu vent de ce qui s'était passé, ils ont formé une foule et se sont dirigés vers la zone chrétienne, raconte Ramez. Ils visaient l'ensemble de la communauté chrétienne, pas seulement ceux qu'ils considéraient comme coupables.»

Le vieil homme poursuit: «Je vis avec ma femme, mes enfants et mes petits-enfants dans une seule maison. Alors, dès que nous avons entendu parler de la foule, nous nous sommes tous réfugiés à l'intérieur. Puis nous avons entendu des cris, des insultes envers les chrétiens et des éclats de verre, ainsi que des pierres frappant les murs et les portes.»

Ramez raconte: «Mes petits-enfants avaient tellement peur! Ils pleuraient et leurs mères les portaient dans la pièce pour essayer de les calmer. Mais elles avaient peur elles aussi et ne pouvaient retenir leurs propres larmes.»

…une solution: prier

Que faire dans une situation aussi terrifiante? Ramez lève les mains et regarde vers le ciel: «Tout ce que nous avons fait, c'est prier. Nous ne pouvions pas dormir, alors nous n’avons pas arrêté de prier. J'ai rassemblé mes enfants et petits-enfants autour de moi, nous nous sommes levés et avons levé les mains.» Il ajoute:

«Je me tenais devant eux, les larmes aux yeux, et j'ai crié à Dieu de tout mon cœur pour qu’il protège notre famille.»

Le village est resté en effervescence pendant environ une semaine. Pendant ce temps, Ramez ne pouvait pas se rendre à sa ferme. Les enfants ne pouvaient pas aller à l'école. Et il était hors de question d'aller à l'église. «Mais la police n'a rien fait», déplore Ramez.

Séance de «réconciliation»

Les musulmans modérés du village sont alors intervenus. Ils ont organisé une séance dite de réconciliation: une réunion coutumière au cours de laquelle les différends entre villageois sont réglés. Le tout en dehors de tout cadre légal. Ces sessions rendent rarement justice aux chrétiens. Mais en Haute-Égypte, elles sont souvent la seule possibilité de désamorcer la situation.

Ramez n'était pas présent à la session de réconciliation proprement dite. Mais son prêtre lui a expliqué, ainsi qu'à d'autres membres de l'église, ce qui allait se passer. «Il a dit qu'accepter les termes de cette session de réconciliation était la seule option que nous avions. Et j'ai accepté, explique Ramez. Tout ce que nous voulions, c'était vivre, seulement vivre! Et c'est ce que nous devions faire pour y parvenir.»

La justice est-elle rendue? «Non, reconnaît Ramez, pas du tout.» Mais si la justice est rendue par les tribunaux, qu’en est-il de l'application de la loi dans les zones rurales? Tout cela est trop éloigné de sa réalité quotidienne pour qu'il les considère comme des options.

Prier, toujours prier!

Tout a changé dans le village depuis l'incident. Les menaces contre les chrétiens ont… augmenté! Et les filles de Ramez ne laissent pas leurs enfants jouer dehors sans surveillance. Quand un membre de la famille tarde un tant soit peu à rentrer de l'école ou de l'église, ils craignent qu'il ne soit enlevé.

Mais Ramez lève à nouveau les mains en l'air et se met à parler avec passion: 

«Dieu était toujours là, il nous a protégés à travers tout ce qui s'est passé. Ma foi est devenue plus forte. Dans ces jours de tourmente, j'ai appris que je devais toujours prier, toujours revenir à mon Seigneur.» 

Et pour ce qui est de l'avenir, Ramez a un souhait: que ses petits-enfants aient une relation forte avec le Seigneur. Que quoi qu'il arrive, ils sachent qu'ils pourront revenir vers leur Sauveur.