Quand le téléphone a sonné, Ariana savait déjà à quoi s’attendre…

«C’était mon frère. Il m’a appelée pour me dire: “J’ai entendu que tu étais devenue chrétienne et que tu as quitté l’islam. Si tu as dit cela parce que tu es en danger, je viendrai te sauver. Sinon, je suis prêt à vendre jusqu’au tapis qui est sous mes pieds pour venir te tuer.”»

Une menace terrible plane chaque jour sur Ariana (pseudonyme), une chrétienne d’Afghanistan exilée en Asie centrale: celle d’être renvoyée dans son pays d’origine. Là-bas, elle ferait face à une mort certaine parce qu’elle s’est convertie au christianisme.

Sous contrôle et sous pression

Comme beaucoup d’autres femmes en Afghanistan, Ariana a été privée, dès son plus jeune âge, de sa liberté, de sa parole et de ses droits.

«Dans mon quartier, les hommes se comportaient en dictateurs, se souvient Ariana. Les femmes devaient leur obéir à 100%. Les filles n’avaient aucune liberté. J’ai beaucoup souffert à cause de ça, mais j’avais toujours l’espoir de quitter mon village pour aller vivre ailleurs. Je me suis toujours vue comme un aigle, voué à s’envoler loin d’ici, car j’avais en moi un profond sentiment de liberté et d’aventure.»

En Afghanistan, surtout depuis la montée au pouvoir des talibans, les femmes sont privées de tous leurs droits.

Le désir d’Ariana d’une autre vie a fait naître en elle une profonde aspiration à découvrir un monde différent, un monde qu’elle apercevait parfois dans les films colorés et vibrants de Bollywood, où les femmes chantaient, dansaient et tombaient amoureuses avec une liberté qu’elle ne pouvait qu’imaginer.

Comme les femmes qu’elle voyait dans ces films, Ariana tomba amoureuse d’un jeune homme de son village. Mais leur affection était un secret dangereux dans une société où les mariages sont arrangés pour les filles.

Une lettre qui change tout

Quand la tante d’Ariana découvrit une lettre d’amour que le jeune homme lui avait écrite, son secret fut dévoilé. Cette relation amoureuse fut accueillie avec une désapprobation immédiate et sévère. C’était un affront pour les hommes de sa famille qu’Ariana n’ait pas attendu qu’ils choisissent son futur mari.

«Mon frère a débarqué à la maison avec un couteau, menaçant de me tuer, parce que tout le monde était au courant.»

Pour étouffer le scandale, la famille d’Ariana la maria rapidement avec ce jeune homme. Ce qu’ils ignoraient, c’est qu’ils la plaçaient directement sur un chemin qui allait la conduire à découvrir Jésus-Christ: la famille de son mari était chrétienne!

Ce que cachait sa nouvelle famille

Ariana sentit qu’il y avait quelque chose de différent chez sa belle-famille. L’assassinat de son beau-frère dans la maison familiale renforça ses doutes.

«Il a été tué d’une manière terrible, se rappelle Ariana. Une grenade a été lancée dans notre maison à deux heures du matin. Sa mort a mis une énorme pression sur nous. C’est pour cela que mon beau-père a décidé de quitter le pays.»

Ariana ne savait pas que sa belle-famille était chrétienne.

La famille trouva refuge en Asie centrale. C’est seulement là, loin de leur pays, que les membres de sa belle-famille révélèrent à Ariana le secret qu’ils gardaient: ils étaient devenus chrétiens en Afghanistan, un pays où la persécution à l’égard des chrétiens est violente, parfois mortelle.

Ariana n’avait jamais entendu parler du christianisme: «Je ne savais pas qu’il existait une autre religion que l’islam. Dans mon foyer, tous les non-musulmans étaient juste des infidèles.»

Peu à peu, Ariana a découvert l’amour de Jésus: 

«J’ai vu combien les femmes vivaient sous l’oppression et la pression en Afghanistan. C’est là que j’ai compris que Jésus est le chemin, la vérité et la vie.»

Pour elle, c’était une nouvelle vie qui commençait. Mais, même réfugiée dans un autre pays, elle n’était pas complètement en sécurité.

Un danger permanent

Si Ariana et sa famille sont désormais loin de la violence immédiate en Afghanistan, ils ne sont pas moins vulnérables. Sans statut légal, ils vivent sous la menace permanente d’une expulsion: «C’est notre plus grande peur: être renvoyés, surtout maintenant que tout le monde sait que nous sommes devenus chrétiens.» 

Pour Ariana, un retour en Afghanistan, où les femmes chrétiens sont particulièrement exposées à la persécution, équivaudrait à une condamnation à mort.

«J’ai entendu dire que tu étais devenue chrétienne. Si tu es en danger, je viendrai te sauver. Sinon, je suis prêt à vendre jusqu’au tapis qui est sous mes pieds pour venir te tuer.»

À des milliers de kilomètres, des rumeurs sur la conversion d’Ariana sont parvenues jusqu’à sa famille. Le frère qui avait autrefois menacé de la tuer parce qu’elle était tombée amoureuse lui adressa une nouvelle menace encore plus terrifiante.

«Depuis que je m’étais mariée, mon frère ne m’avait plus adressé la parole. Il m’a appelée pour me dire: “J’ai entendu que tu étais devenue chrétienne et que tu as quitté l’islam. Si tu as dit cela parce que tu es en danger, je viendrai te sauver. Sinon, je suis prêt à vendre jusqu’au tapis qui est sous mes pieds pour venir te tuer, afin d’effacer cette honte de notre peuple.”»

En trouvant refuge en Afghanistan, Ariana a échappé à la violence. Mais elle reste en danger…

Entre autres difficultés, se loger est devenu compliqué depuis que la famille vit en exil: «Ce n’est pas une question de nationalité, c’est une question de religion, explique Ariana. Je cherchais un logement. Comme je ne porte pas le hijab [le voile islamique], le propriétaire était surpris. Il m’a dit: “Vous venez d’Afghanistan, vous devriez être plus ferme dans votre foi islamique.” Quand je lui ai expliqué que nous étions chrétiens, il n’a plus voulu nous louer la maison. Ils ne voulaient pas de nous dans leur quartier.»

Reprendre sa place

L’histoire d’Ariana peut nous faire penser à celle d’Agar dans la Bible. Rejetée, maltraitée, chassée dans le désert… Dieu ne l’a pas oubliée. Dieu l’a vue. Agar déclara alors:

«Tu es le Dieu qui me voit.» 
(Genèse 16:13)

Au milieu de l’exil et de l’incertitude, Ariana sait que Dieu voit sa situation. Sa foi demeure d’ailleurs son point d’ancrage. Sa relation avec Jésus s’est fortifiée et lui donne le courage d’affronter des défis qui paraissent insurmontables.

«Dans la Bible, en Romains 8:35-39, il est dit que les enfants de Dieu auront souvent à faire face aux persécutions et à la souffrance. Mais ce passage est aussi notre espoir, car il nous rappelle que Dieu est toujours avec nous. Voilà ce qui m’encourage et me donne de la force dans les moments difficiles que nous endurons aujourd’hui.»

C’est dans la Parole de Dieu qu’Ariana trouve sa force.

Récemment, Ariana a commencé à partager la Parole de Dieu avec d’autres femmes réfugiées. Qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes, elles trouvent de la force auprès de cette femme de foi.

Ariana s’en réjouit: «Je prie pour elles et leur lit la Parole de Dieu. Beaucoup d’entre elles sont musulmanes. Mes mots les réconfortent et les apaisent. Elles sont reconnaissantes. Elles me disent : “Quand tu viens, nous ressentons la paix.” Je sais que ce n’est pas grâce à moi. C’est la présence de Dieu qui leur apporte la paix en ces temps difficiles.»

L’action de Portes Ouvertes en Asie centrale 

En Asie centrale, Portes Ouvertes apporte aux chrétiennes comme Ariana une aide concrète, en leur fournissant un soutien matériel, des cours de disciple et une formation spirituelle. Cet accompagnement contribue à lever une nouvelle génération de croyantes malgré un fort contexte de persécution.

À travers des femmes comme Ariana, Dieu agit pour faire naître l’espérance dans des familles marquées par la souffrance. Celles qui n’avaient ni voix ni droits deviennent désormais des soutiens essentiels pour leurs proches.

«Les enfants de Dieu feront toujours face à la persécution et à la souffrance, dit Ariana. Mais rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu. Il est toujours avec nous. C’est ce qui nous donne la force de traverser les épreuves.»

Rien n’est possible sans vos dons et prières. En choisissant de venir en aide à nos sœurs, vous soutenez celles qui choisissent Christ malgré la peur et la persécution. Vous leur permettez de devenir des soutiens pour les autres femmes et de reprendre la place que la persécution voudrait leur supprimer.