Ce qui a commencé avec la mort d’un homme est rapidement devenu une crise pour toute une communauté chrétienne. Depuis août dernier, dans le nord du Bangladesh, des familles chrétiennes autochtones vivent dans la peur: à la suite d’accusations liées à un conflit local, leurs maisons ont été attaquées, vandalisées et pillées.

Quelque temps auparavant, le corps d’un homme d’affaires musulman avait été retrouvé près de ce village chrétien. Des habitants d’une localité musulmane voisine ont alors accusé les chrétiens d’être impliqués dans sa mort et s’en sont pris à plusieurs maisons du village.

Des maisons vandalisées et pillées

Plusieurs maisons chrétiennes ont été vandalisées et pillées. De l’argent, du bétail, des réfrigérateurs, des meubles, des affaires personnelles et d’autres objets de valeur ont été emportés.

Après l’attaque, certaines familles se sont retrouvées sans nourriture suffisante ni produits de première nécessité. Des responsables d’église locaux leur ont donc rendu visite et leur ont apporté une aide d’urgence: de la nourriture, du savon et d’autres produits essentiels.

Au-delà de ce qu’elles ont perdu, les familles vivent désormais dans la peur. Elles se demandent si leurs maisons sont en sécurité et si une nouvelle attaque pourrait se produire.

19 villageois arrêtés

La situation s’est compliquée lorsque la police a arrêté 19 villageois, hommes et femmes, dans le cadre de l’enquête sur la mort de l’homme d’affaires. Parmi eux, 14 ont ensuite été relâchés.

Les responsables chrétiens insistent: la mort de cet homme doit faire l’objet d’une véritable enquête, mais la responsabilité d’un crime ne doit jamais être imputée à toute une communauté ou à tout un village.

Un responsable d’église local témoigne: «Nous prions pour la paix et nous exprimons aussi notre sympathie à la famille de l’homme d’affaires qui a perdu la vie. Mais des villageois chrétiens innocents ne doivent pas être inquiétés ni accusés collectivement pour quelque chose qu’ils n’ont pas fait. Nous espérons que les autorités mèneront une enquête impartiale, identifieront les vrais responsables et garantiront à tous la même protection et la même justice.»

Le 18 août, des jeunes et étudiants autochtones ont formé une chaîne humaine dans la capitale, Dhaka, pour réclamer une enquête judiciaire impartiale. L’équipe locale de Portes Ouvertes suit la situation de près sur place.

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