Vendredi 23 octobre, des funérailles ont viré au drame dans le village de Hamoud, dans le gouvernorat de Karak, en Jordanie. Alors que des personnes étaient réunies pour des funérailles à l’église Saint-Georges, des hommes armés ont ouvert le feu à l’extérieur de l’édifice. L’attaque a fait neuf morts et une cinquantaine de blessés.

Une centaine de personnes à l’intérieur de l’église

Selon un survivant, les hommes étaient rassemblés à l’extérieur de l’église, conformément aux traditions locales, tandis que les femmes se trouvaient à l’intérieur. Lorsque les premiers coups de feu ont retenti, ce survivant s’est immédiatement jeté au sol.

Il raconte que l’un des assaillants tirait sans relâche, s’interrompant seulement pour recharger son arme avant de reprendre les tirs. Selon un témoignage, certaines victimes auraient été visées à plusieurs reprises.

«Personne ne s’attendait à ce qu’une telle chose se produise dans une église»,
confie-t-il.

Une personne blessée est parvenue à fermer les portes de l’église, contribuant à protéger la centaine de personnes à l’intérieur. Les assaillants ont ensuite tiré sur les fenêtres du bâtiment.

Sous le choc

Plusieurs jours après l’attaque, les vitres brisées et les impacts de balles témoignent de la violence de la fusillade. Des policiers surveillent désormais les lieux. «Je n’arrive toujours pas à dormir correctement depuis la fusillade, à cause des horreurs dont j’ai été témoin», raconte un autre survivant.

Selon les informations communiquées par les autorités jordaniennes, les motivations des assaillants seraient vraisemblablement liées à une forme de radicalisme. L’attaque a particulièrement choqué cette région où chrétiens et musulmans cohabitent pacifiquement depuis des générations. «Ce qui s’est passé est surprenant. Nous avons toujours vécu en paix avec nos frères musulmans à Karak», témoigne un survivant. 

«Ceux qui ont commis ces atrocités n’ont aucune religion, aucune éthique.»

Trois suspects arrêtés, le roi apporte son soutien aux victimes

Le roi Abdallah II s’est rendu auprès des familles touchées le jour même de l’attaque. Qualifiant les victimes de «martyrs jordaniens», il a promis que les responsables seraient traduits en justice.

Le 26 octobre, les autorités ont annoncé l’arrestation de trois suspects à la suite d’une opération menée à Karak. Le lendemain, des chrétiens se sont rassemblés pour rendre hommage aux victimes, soutenir les familles endeuillées et participer à des temps de prière organisés sur trois jours.

Pour autant, l’arrestation des suspects ne suffit pas, à elle seule, à rétablir le sentiment de sécurité qui a disparu. L’attaque amène certains habitants à envisager des choix très différents pour l’avenir. Certains pourraient songer à s’armer pour se protéger, notamment dans les villages. D’autres pourraient envisager de quitter la Jordanie pour chercher refuge ailleurs. Pour d’autres encore, cette violence a renforcé leur détermination à rester, à demeurer enracinés dans leur pays et à continuer de vivre aux côtés de leurs voisins musulmans.

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