Au centre du Laos, Na (pseudonyme), son épouse et leurs deux enfants vivent actuellement dans une cabane sans eau ni électricité. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, ils étaient heureux dans leur maison, au cœur de leur village. Tout se passait bien avec les voisins et Na travaillait tranquillement la terre de sa ferme pour subvenir aux besoins de sa famille.

En 2004, ils ont eu le grand bonheur de rencontrer le Seigneur et ont décidé de ne plus pratiquer la religion de leurs ancêtres. Alors, la persécution s’est abattue sur eux. Le chef du village les a convoqués: «Vous devez suivre les traditions et les coutumes du village», leur a-t-il intimé. Cela voulait dire continuer à sacrifier des animaux et à offrir de l’alcool aux esprits lors de cérémonies. 

Mais Na et sa famille ont refusé. Ils ont d’abord été condamnés à payer une amende de deux millions de kips (environ 80€) et à fournir un cochon adulte pour les prochaines festivités.

«C’est votre sanction pour avoir abandonné vos anciennes croyances.»

À partir de ce jour-là, les intimidations n’ont fait qu’augmenter. Les autorités du village se présentaient souvent à leur domicile pour exiger qu’ils renoncent à leur nouvelle foi en Christ.

Leur maison réduite en cendres

Il y a quelques mois, ces intimidations ont atteint leur apogée. Des individus non identifiés se sont introduits dans la maison de Na et y ont mis le feu. L’incendie a tout ravagé: il ne restait plus que des cendres. C’est à ce moment-là que nos partenaires sur place ont rencontré Na et sa famille. Ils déambulaient à travers les ruines, découragés et submergés par la tristesse.

Le lendemain, le chef du village les a de nouveau convoqués. «Nous, les villageois, nous nous tiendrons à vos côtés et nous récolterons de l’argent pour vous soutenir. Mais en échange, vous devez arrêter de suivre Jésus-Christ.» Une condition que Na a refusée.

Deux semaines plus tard, les membres de sa propre famille sont venus le harceler. «Tous les terrains dans ce village doivent appartenir à des gens qui suivent les croyances de nos parents: l’animisme», ont-ils déclaré. Puis ils ont ajouté: «Si vous suivez nos anciennes traditions, nous ne confisquerons pas votre bien.» Na a fait le choix de se taire sans rien répondre et de continuer fidèlement à suivre Jésus.

Un nouveau refuge, loin du village

Puisque leur maison était incendiée et qu’ils n’avaient l’aide de personne, Na, son épouse et leurs deux enfants sont allés construire une cabane sur le terrain agricole que Na cultivait, loin du village. Champy (pseudonyme), notre partenaire sur place, explique: «Leur vie est très difficile et inconfortable, parce qu’ils n’ont ni électricité ni eau potable.» 

Heureusement, des responsables d’églises voisines leur ont fourni de la nourriture et une aide pour leur logement. Na a aussi trouvé auprès de ces chrétiens de l’encouragement. Aujourd’hui, il a la force de continuer à suivre Jésus malgré la persécution.

Na et sa famille sur les décombres de leur maison, accompagnés des partenaires locaux de Portes Ouvertes.