Pour se protéger des accusations de conversion forcée, plusieurs églises ont pris des mesures inhabituelles: avertissements à l'entrée, déclarations de libre consentement… Une précaution devenue nécessaire face à la pression.
«Seuls les chrétiens sont autorisés à entrer dans l’église pour prier. Si d’autres personnes y entrent de leur propre initiative, ils seront tenus responsables de leur choix.»
Quelle étrange façon d’accueillir des visiteurs dans la maison du Seigneur! Malheureusement, une dizaine d’églises en Inde ont été contraintes d’afficher de tels avertissements à l’entrée de leurs bâtiments. En effet, dans l’État du Chhattisgarh, au centre de l’Inde, une nouvelle loi anticonversion punit désormais sévèrement les «conversions forcées».
Une dizaine d’églises de la région de la ville de Dhamtari ont donc décidé de faire tout ce qui était en leur pouvoir pour prouver que les personnes qui deviennent chrétiennes le font librement, et non sous la pression ou la menace. En plus de ces affiches, contraires à l’hospitalité promue par les évangiles, les églises en question ont demandé à leurs membres de remplir un formulaire de libre consentement.
Plus d’un millier d’autodéclarations
Plus d’un millier de chrétiens ont rempli cette déclaration, qu’ils ont remise aux autorités avec leurs informations personnelles (dont leur photographie) et les coordonnées de leur lieu de culte.
Par ce document, ils certifient qu’ils n’ont subi aucune influence insistante, menace, violence, mensonge ou fausse promesse et qu’ils n’ont constaté aucun cas de conversion forcée dans leur église. Ils y indiquent qu’ils ont «librement choisi» de participer aux cultes et que leur décision de venir à l’église est «entièrement personnelle, volontaire et indépendante».
Ailleurs en Inde, dans la grande agglomération de Mumbai (anciennement Bombay), des églises se sont mises à faire pareil: la loi anticonversion de cet État, le Maharashtra, est entrée en vigueur le 28 août. Cette loi a fait l’objet de nombreuses critiques de la part de militants des droits humains et de la société civile.
Un nouvel obstacle administratif pour les chrétiens
Ces affiches et déclarations ont pour objectif d’empêcher les extrémistes hindouistes de porter plainte à tort contre les églises, leurs responsables et les chrétiens pour «conversion forcée». Les rumeurs circulent souvent dans les cercles hindouistes radicaux que les chrétiens forcent les autres à se convertir contre de l’argent et de la nourriture. De toute évidence, ces nouvelles dispositions légales ajoutent un obstacle de plus à l’exercice de la religion chrétienne minoritaire.
Selon notre partenaire sur place, Priya Sharma, «les responsables chrétiens et les croyants s’inquiètent pour leur liberté et leur sécurité. Nous demandons que l’Église en Inde soit protégée, qu’elle bénéficie de la justice, de la paix et de la liberté due à toute personne pour pratiquer sa foi sans avoir peur.»
En Inde, les chrétiens tribaux du Chhattisgarh continuent de subir des pressions depuis l’expiration de l’ultimatum qui leur...