Posséder et distribuer des bibles au format papier en Iran fait peser des risques considérables sur les chrétiens qui s’y exposent. L’accès en ligne au texte biblique et à des enseignements pourrait alors apparaître comme une solution.

Malheureusement, la toile web est tellement contrôlée par les services gouvernementaux iraniens qu’il faut passer par les services d’un «réseau virtuel privé» (VPN, de l’anglais Virtual Private Network), qui fournit une autre adresse géographique pour l’appareil électronique utilisé. Ainsi, les autorités qui vous surveillent peuvent croire que vous êtes dans un autre pays.

Utiliser un tel subterfuge a plusieurs gros inconvénients pour les chrétiens iraniens, comme nous l’explique Amjad, un responsable chrétien qui supervise plusieurs réseaux virtuels clandestins en Iran: «Les coupures d’électricité, surtout depuis le conflit prolongé avec les États-Unis, ont rendu nos activités plus difficiles». Sans électricité, sans la possibilité de recharger un téléphone portable ou de brancher un ordinateur, et sans accès à un serveur à distance, les services d’un VPN ne servent en effet tout bonnement à rien.

Une connexion trop coûteuse

C’est sans doute l’obstacle principal: les services d’un VPN sont devenus extrêmement chers car recherchés par toute la population pour échapper à la surveillance du gouvernement. Le marché génère un chiffre d’affaires de plusieurs milliards de milliards de tomans, l’une des monnaies locales.

Ainsi, les chrétiens qui veulent accéder à un peu de liberté, au moins sur Internet, doivent dépenser des fortunes pour y avoir accès. Or, c’est le seul moyen pour eux de bénéficier d’enseignements bibliques et d’un soutien spirituel et pastoral, mais aussi de communier avec d’autres chrétiens. Selon Amjad, «le prix élevé des VPN a fortement limité le temps de conseil pastoral qu’ils peuvent s’offrir».

«À cause du prix des VPN, les chrétiens communiquent plus par messages écrits que de vive voix ou par vidéo.»
— Amjad

Enfin, le dernier risque auquel les chrétiens s’exposent n’est pas des moindres: «Certains VPN sont suspectés d’être en lien avec les services de renseignements iraniens et peuvent fonctionner comme des virus pour faire planter les téléphones portables et les ordinateurs de ceux qui les utilisent.» Ce risque crée un climat de tension parfois insoutenable: «La peur d’être surveillé par le gouvernement a un effet psychologique important», souligne Amjad.

On dit souvent que le prix à payer pour être chrétien dans certains pays comme l’Iran est très élevé. Ce prix-là se paie parfois aussi en monnaie sonnante et trébuchante.

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